Supposés symboles de la féminité, les talons hauts étaient à l’origine destinés aux hommes

Qu’ils soient aiguilles, compensés, fins ou épais, les talons hauts sont aujourd’hui un symbole incontesté de la féminité, et ce, depuis de nombreux siècles. Mais saviez-vous qu’il n’en a pas toujours été ainsi ? En effet, aux alentours du XVIIe siècle, les talons hauts étaient très prisés chez les hommes et en particulier à la Cour du roi Louis XIV.

DU PRATIQUE À L’ICÔNE DE MODE

Les talons hauts ont fait leur grande apparition en Europe aux alentours du XVIIe siècle lorsque des cavaliers perses se sont rendus en France, afin de demander au roi de de les aider à repousser l’invasion de l’Empire Ottoman. Ces diplomates ont fait une entrée très remarquée à la Cour de par leur accoutrement qui a autant étonné qu’émerveillé.

En effet, les cavaliers portaient à leur pied des chaussures à talons hauts. De tels souliers leur permettait de rester stable sur leurs étriers, un détail indispensables pour ces hommes qui passaient de nombreuses heures à cheval à la recherche d’alliés pour repousser les envahisseurs. Mais le roi Louis XIV n’a pas seulement remarqué le côté pratique de ces chaussures, il y a vu un moyen efficace de montrer à tous sa grandeur.

Louis XIV n’était pas ce que l’on pouvait appeler un géant, loin de là. Du haut de ses 1 m 63, il était plus petit que la plupart des autres hommes de son entourage, ce à quoi les talons pouvaient remédier. Au fil du temps les talons hauts, et plus particulièrement ceux à talons rouges sont très vite devenus les signes distinctifs de la noblesse et des proches du roi dès 1701.

UN SIGNE D’ÉMANCIPATION

Peu à peu, les talons hauts ont vu leur réputation dépasser les frontières françaises et s’étendre à toute l’Europe, aidés par un engouement certain pour la culture perse. La plupart des hommes portaient ces souliers et peu à peu les femmes se sont mises à faire de même.

À cette époque, les femmes souhaitaient s’émanciper et commençaient à masculiniser leurs vêtements, épaulettes, cheveux coupés, c’est sans grande surprise finalement qu’elles ont ajouté les talons hauts à leurs atours. Leur garde-robe s’est ainsi rapprochée de plus en plus de celle des hommes. Au fur et à mesure on a vu se créer des différenciations concernant les types de talons, épais pour les hommes et fins pour les femmes, et ils se sont peu à peu démocratisés.

Finalement arriva ce que les historiens appellent la “Grande Renonciation masculine”. Ce terme a été créé par J.C Flügel et désigne la période historique durant laquelle au XIXe siècle, les hommes ont peu à peu renoncé à leur “sens de la mode” qu’ils ont relégué comme étant une “affaire de femmes”. Les habits colorés et exubérants ont donc été remplacés par des habits plus sobres et les talons hauts sont ainsi presque devenus une exclusivité féminine.


Le basenji est le seul chien au monde qui n’aboie pas

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