En France, près d’une personne sur cinq a souffert ou souffrira d’une dépression au cours de sa vie. De nombreux traitements existent, mais, les origines mêmes de la maladie restent obscures. Cependant, des chercheurs de l’université Brown travaillent sur une piste prometteuse qui pourrait permettre d’éviter la maladie ! Explications.

 

LA DÉPRESSION SERAIT LIÉE AU STRESS INFANTILE

Des chercheurs de l’université Brown, aux Etats-Unis, se sont penchés sur les origines de la dépression, que Dawid dépeint à travers des illustrations saisissantes. Ils ont publié leurs étonnants résultats dans la revue scientifique Cell Reports. Durant leur étude, ils ont constaté que le stress au début de la vie des souris entraînait des troubles du comportement une fois ces animaux arrivés à l’âge adulte. Fait troublant : seules les femelles présentaient des symptômes semblables à la dépression.

Pour réaliser leur expérience, les chercheurs ont déplacés de jeunes souris, âgées de quatre jours, ainsi que leur mère, de cages standards vers des cages où les matériaux de construction pour les nids étaient inadéquats. Si l’eau et la nourriture restaient abondantes, les mères devaient toutefois quitter régulièrement leurs nids pour chercher du matériel de nidification. Après sept jours, les souris déplacés sont retournées dans des cages standards, avec tout le nécessaire à disposition.

En comparant les comportements des souris « déplacés » avec un groupe standard, les chercheurs ont pu mesurer l’impact du stress infantile sur le développement des souris. Car, en effet, les petits qui ont étés déplacés ont reçu des soins moins constants et plutôt « hypervigilants » de la part de leur mère, stressée par le manque de ressources pour la nidification. Les chercheurs ont constaté qu’après l’âge de deux mois, c’est-à-dire l’âge adulte chez les souris, les « déplacés » présentaient divers troubles comportementaux.

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LE CERVEAU SE DÉVELOPPE DIFFÉREMMENT

Ainsi, à l’âge adulte, les femelles « déplacées » présentaient des difficultés à s’adapter aux situations nouvelles. Lors d’exercices de recherche de friandises, elles mettaient plus de temps à apprendre les nouvelles configurations et faisaient plus d’erreurs par rapport aux femelles témoins. Pire, il semblerait que seules les souris femelles présentaient des symptômes semblables à ceux de la dépression. Les chercheurs ont donc voulu comprendre les facteurs neurologiques de ces difficultés d’apprentissage.

Pour ce faire, ils ont examiné le cortex orbitofrontal des souris, c’est-à-dire la zone du cerveau responsable de la prise de décision, de la compréhension des émotions et du respect des règles. Ils ont alors constaté qu’il y avait moins d‘interneurones à parvalbumine, qui aident à ajuster l’activité des autres neurones, chez les femelles stressées que chez les autres souris. Une constatation déjà observée chez des patients humains cliniquement déprimés. Il semblerait donc que le cerveau se développe différemment en fonction du stress ressenti au début de la vie.

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ÉVITER LA DÉPRESSION CHEZ LES ENFANTS

Kevin Bath, professeur adjoint de sciences cognitives, linguistiques et psychologiques à l’université Brown pense qu’en comprenant mieux ces mécanismes neurobiologiques, il serait possible de mettre en place des traitements à destination des enfants qui vivent des expériences extrêmement stressantes, et donc leur éviter la maladie ! Il s’interroge : « pouvons-nous intervenir auprès de ces enfants pour réduire le niveau de stress qu’ils ressentent ou l’instabilité qu’ils ressentent, ce qui pourrait être le facteur déterminant pour modifier le programme de développement du cerveau ? ».

On le sait, en plus d’être traumatisantes, les violences subies durant l’enfance restent dans l’ADN. Alors, l’un des objectifs des recherches de l’université Brown est de déterminer la meilleure façon d’aider les enfants qui grandissent en zone de guerre, et notamment les enfants réfugiés de Syrie, afin de réduire le risque de dépression, d’anxiété, de problèmes d’attention et de SSPT (syndrome de stress post-traumatique) qu’ils pourraient ressentir plus tard dans leur vie. Enfin, peut-être que d’ici quelques années, la dépression n’existera plus… ou alors, seulement la dépression saisonnière !

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