science rejet
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Malgré les preuves et les évidences qui constituent les fondements de la science, il y a encore un très grand nombre de sceptiques à son encontre. Il serait ainsi intéressant de comprendre scientifiquement pourquoi autant de gens rejettent la science à une époque où elle semble à la base de toute chose.

Les quatre fondements des croyances anti-science

Du refus de la vaccination au déni du changement climatique, les opinions anti-scientifiques menacent l’humanité. Pourtant, le rejet de la science est devenu un phénomène de plus en plus courant et cela est notamment amplifié par l’influence de certaines politiques et communautés modernes. Mais l’influence d’autrui ne peut pas expliquer un tel rejet de l’évidence. Pour mieux comprendre ce phénomène, des chercheurs de l’université d’État de l’Ohio ont cherché à savoir quels sont les principaux facteurs qui expliquent le rejet de la science.

Et selon les résultats de l’étude publiée dans la revue PNAS, il existe quatre facteurs qui expliquent la récente augmentation des attitudes et des croyances anti-science. Le premier fondement de la croyance anti-science est notamment l’idée que les sources scientifiques manquent de crédibilité. Dans ce cas, le problème se situe au niveau de la confiance que les gens ont envers les institutions scientifiques. Ensuite, il y a le fait de s’identifier à des groupes qui ont des attitudes anti-scientifiques. Dans ce domaine, la polarisation politique et religieuse sur le Web a eu énormément d’influence.

Il y a également le fait qu’il existe des informations scientifiques qui vont à l’encontre des croyances d’une personne, comme c’est le cas depuis très longtemps pour la théorie de l’évolution. Et enfin, il y a le décalage entre la façon dont un message est présenté et la façon de penser d’une personne. Autrement dit, cela signifie que les informations scientifiques ne tiennent pas forcément compte de tous les styles de pensées et ne sont donc pas présentées de manière à ce que tout le monde puisse les comprendre.

vaccin
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Un problème également influencé par les réseaux sociaux et la politique

« Ce que ces quatre bases ont en commun, c’est qu’elles révèlent ce qui se passe lorsque des informations scientifiques entrent en conflit avec ce que les gens pensent déjà ou leur style de pensée », a déclaré Richard Petty, coauteur de l’étude, dans un communiqué. « Ce type de conflit est difficile à gérer pour les gens, et cela leur permet de rejeter plus facilement les informations scientifiques qui ne correspondent pas déjà à ce qu’ils croient », a-t-il ajouté. Bien évidemment, ces quatre facteurs n’expliquent pas à eux seuls pourquoi il y a eu une telle augmentation du phénomène anti-science au cours des dernières années.

Selon les chercheurs, l’avènement des réseaux sociaux et de l’ampleur phénoménale de la désinformation sur ces plateformes ont sans doute eu énormément d’influence sur le sujet. L’importance croissante de l’idéologie politique dans le monde moderne a également eu une influence plus importante encore. En effet, même si la politique a toujours existé, elle n’a jamais été aussi omniprésente dans le quotidien des gens. « Aujourd’hui, la politique est au cœur de l’identité d’un individu, et l’idéologie affecte la façon dont quelqu’un réagit aux preuves scientifiques qui ont été politisées, comme le changement climatique », a expliqué Aviva Philipp-Muller, auteure principale de l’étude.

Heureusement, tous ces problèmes ne sont pas irréversibles, et les chercheurs estiment qu’il existe des méthodes qui peuvent aider à inverser les tendances anti-science. Pour ce faire, ce sera notamment aux scientifiques et aux personnes pro-science de faire preuve de flexibilité et de trouver de meilleures manières de propager et de faire comprendre la science. Apprendre la psychologie et la communication serait notamment un précieux atout en ce sens.  

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Hannibal
Hannibal
1 mois

Pour ceux que ça intéressent, vous pouvez aller visiter le blog et lire les articles de Paul D. Thacker, « The DisInformation Chronicle » autrement plus crédible que Science Alert.