Image d’illustration — a_nazarkin.photo / Shutterstock.com

Récemment, Singapour est officiellement devenu le premier pays à autoriser la production et la commercialisation de viande artificielle. Suite à ce premier pas historique dans l’histoire de la viande cultivée en laboratoire, du poulet artificiel a été servi pour la première fois dans un restaurant du pays.

Un plat actuellement réservé aux membres privilégiés d’un restaurant à Singapour

Au début du mois de décembre, la start-up américaine Eat Just a annoncé que les autorités singapouriennes ont officiellement approuvé la production et la commercialisation de viande artificielle dans les restaurants du pays. Suite à cette autorisation, le restaurant 1880 sera le premier établissement au monde à servir de la viande de poulet cultivée en laboratoire. Ladite viande sera fournie par Eat Just et elle sera déclinée en trois différents plats. Le premier sera du pain bao avec le poulet au sésame et de l’oignon. Le second sera un feuilleté au poulet et au haricot noir, et le dernier sera une gaufre au poulet, à l’érable, aux épices et à la sauce piquante.

Selon CNBC, ces trois types de plats constitueront une seule et même formule nommée GOOD Meat Cultured Chicken qui coûtera 23 dollars (environ 19 euros). Selon les explications de Josh Tetrick, PDG et cofondateur de Eat Just, le poulet utilisé dans la formule est produit en prélevant une petite quantité de cellules animales sur de la volaille, puis en les mélangeant avec des nutriments tels que des acides aminés, des glucides, des minéraux, des graisses et des vitamines. Ce sont généralement les mêmes types de nutriments dont les animaux ont besoin pour grandir et se multiplier.

Ensuite, les cellules sont transformées en viande à un rythme rapide en utilisant un bioréacteur. En tout, il faut 14 jours pour produire du poulet cultivé en laboratoire, soit trois fois moins de temps pour qu’un poulet traditionnel soit prêt à être consommé. Outre l’avantage de la rapidité, la production de viande artificielle ne nécessite d’abattre aucun animal. Mais selon Eat Just, le plus important concernant la viande artificielle est qu’elle est plus respectueuse de l’environnement. En effet, la viande cultivée en laboratoire produit beaucoup moins de gaz à effet de serre que l’élevage.

Une collaboration axée sur le respect de l’environnement

C’est d’ailleurs dans cette vision de la protection de l’environnement que Eat Just a choisi de collaborer avec le restaurant 1880, ce dernier partageant les mêmes valeurs que la start-up américaine dans le domaine. « Nous sommes honorés d’accueillir le lancement mondial du premier produit de viande de culture d’Eat Just. Il s’agit d’une étape révolutionnaire vers la résolution du changement climatique et la création de l’opportunité de nourrir le monde sans submerger la planète », a notamment déclaré Marc Nicholson, fondateur de 1880, dans un communiqué des deux entreprises.

La dégustation des premiers plats faits à base de viande artificielle par les membres privés du restaurant 1880 n’est que la première étape des projets de Eat Just. L’entreprise a en effet de grandes ambitions. Sur le moyen terme, elle prévoit notamment de vendre son produit dans des commerces de vente au détail ainsi que d’autres restaurants à Singapour. Selon le South China Morning Post, la start-up utilise actuellement 1 000 litres de réacteurs biologiques afin de fournir ses clients. Eat Just a déclaré que cela devrait passer à 100 000 litres d’ici cinq ans. Par ailleurs, la société ne compte pas se limiter à la viande de poulet, et d’autres types de viandes sont déjà cultivées par l’entreprise.  

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