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La forme des crânes humains a considérablement évolué en l’espace d’un siècle seulement

La période remarquablement courte sur laquelle ils se sont produits semble exclure la possibilité d’une forme de sélection naturelle

— © Wellcome Collection

En étudiant les scanners de crânes humains datant de la fin du XIXe et du début du XXe siècle et ceux d’individus décédés au cours de la dernière décennie, des chercheurs japonais ont mis en évidence des différences structurelles significatives.

Changements rapides

Détaillés dans l’American Journal of Biological Anthropology, ces travaux ont impliqué 56 crânes centenaires et autant de spécimens modernes. En se basant sur 161 points de repère anatomiques, les chercheurs de l’université de Tokyo ont pu retracer l’évolution récente de notre structure crânienne.

Outre une sphérisation générale claire, l’équipe a également observé une densification de la section mastoïde, protubérance osseuse située derrière le lobe de l’oreille, constituant le point d’ancrage des muscles du cou et de la mâchoire. Globalement, ces changements étaient plus marqués chez les spécimens masculins (dimorphisme sexuel), présentant par ailleurs une crête osseuse, située à la base du crâne, plus définie.

Ne dépassant pas une poignée de générations, la période remarquablement courte sur laquelle ils se sont produits semble exclure la possibilité d’une forme de sélection naturelle. L’équipe les pense davantage liés à l’évolution rapide de nos modes de vie.

« Bien que les causes exactes restent obscures, ces changements pourraient être associés à des tendances séculaires bien documentées au cours du siècle dernier. Notamment l’augmentation de la taille et une meilleure santé générale découlant elle-même d’une meilleure alimentation », écrivent-ils. « La consommation accrue d’aliments mous et la réduction de la charge masticatoire en résultant expliquerait potentiellement les variations faciales et mandibulaires observées. »

― AgriTech / Shutterstock.com

Des précédents

En 2006, la comparaison des crânes de 30 personnes décédées en Grande-Bretagne entre 1348 et 1349 durant la peste noire à ceux de 54 crânes provenant de l’épave du Mary Rose, ayant sombré en 1545, avait déjà montré une tendance similaire, avec un agrandissement de la voûte crânienne d’environ 10 millimètres et un aplatissement du profil.

Six ans plus tard, une étude portant sur 1 500 spécimens nord-américains, datant du milieu du XIXe siècle au milieu des années 1980, a révélé que les crânes étaient devenus plus grands et les visages plus étroits et hauts.

Globalement, de tels travaux indiquent que la structure crânienne humaine est bien plus « malléable » qu’on ne le supposait initialement, avec des implications majeures pour de nombreux champs de recherche, incluant l’anthropologie et les sciences médico-légales.

Il y a quelques mois, des chercheurs avaient lié le volume cérébral réduit de momies chiliennes plurimillénaires à un régime alimentaire pauvre et de rudes conditions de vie.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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