
Il y a des centaines de millions d’années, les animaux ont quitté les océans et se sont aventurés pour la première fois sur la terre ferme. Aussi important soit ce chapitre de notre histoire évolutive, il reste entouré de mystères, qu’un poisson préhistorique contribue à éclairer.
De nouveaux secrets anatomiques de Koharalepis jarviki
Vieux de 380 millions d’années, l’unique fossile connu de Koharalepis jarviki avait été mis au jour il y a plusieurs décennies en Antarctique. À cette époque lointaine, connue sous le nom de Dévonien ou « ère des poissons », ces terres aujourd’hui glacées faisaient partie du supercontinent Gondwana.
S’il est largement supposé que ce prédateur à nageoires lobées d’environ un mètre de long appartenait à un groupe proche de celui ayant donné naissance aux premiers tétrapodes, de récentes analyses de ses restes remarquablement conservés ont offert de nouveaux indices.
Publiée dans la revue Frontiers in Ecology and Evolution, l’étude s’est spécifiquement concentrée sur son crâne. En l’irradiant avec des neutrons, Corinne Mensforth, de l’université Flinders, et ses collègues ont obtenu un aperçu sans précédent de son anatomie intracrânienne.
« Le cerveau de Koharalepis était structurellement similaire à celui des premiers poissons engagés dans la transition vers le milieu terrestre, et nous avons également identifié des adaptations à la vie près de la surface, notamment des ouvertures crâniennes associées à la respiration aérienne et une structure cérébrale liée à la détection de la lumière et aux rythmes circadiens », écrit l’équipe. « Ce prédateur embusqué aux yeux minuscules s’appuyait largement sur ses autres sens. »

Les dipneustes, témoins actuels de cette transition clé
Véritables fossiles vivants, les dipneustes sont des poissons osseux apparus il y a plus de 400 millions d’années.
Possédant une respiration à la fois branchiale et pulmonaire, qui illustre le passage des vertébrés d’environnements exclusivement aquatiques à la terre ferme, ils se distinguent par leur longévité exceptionnelle, pouvant dépasser un siècle, et leur capacité à régénérer leurs nageoires et leur queue.
En 2024, des paléontologues avaient décrit une nouvelle espèce préhistorique, qui évoluait dans les eaux de ce qui est aujourd’hui le Zimbabwe il y a 200 millions d’années.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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Catégories: Histoire, Actualités