
Il y a un peu moins de deux millénaires, un déluge de cendres et de matériau volcanique s’est abattu sur Pompéi et les villes voisines. En s’appuyant notamment sur l’intelligence artificielle, des chercheurs ont reconstitué les ultimes moments de l’une de ses victimes.
Une fuite désespérée
La découverte des squelettes de deux hommes est intervenue près de la nécropole de Porta Stabia, au sud-ouest de la ville. Selon le communiqué du Parc archéologique de Pompéi, les datations indiquent qu’ils ont trouvé la mort le matin du 25 août 79 de notre ère, correspondant au second jour de l’éruption du Vésuve, alors qu’ils tentaient vraisemblablement de rallier la côte.
Leurs restes ont été exhumés d’une couche de lapilli volcaniques, fragments de lave en fusion et de roche solide caractéristiques des nuées ardentes, ou coulées pyroclastiques, qui ont déferlé sur la cité romaine. Mesurant environ 1m66, le premier individu portait une bague en fer à l’auriculaire de la main gauche. Il était âgé d’une vingtaine d’années, tandis que le second, sensiblement plus petit, avait entre 25 et 35 ans.
Se basant sur la profondeur à laquelle se trouvaient les ossements, les archéologues ont déterminé que le plus âgé avait rendu son dernier souffle entre cinq et six heures du matin. Une estimation corroborée par la présence d’une lampe à huile, suggérant que le soleil n’était pas encore levé.
Pompeii researchers use AI to create stunning digital portrait of victim who tried to escape eruption https://t.co/10sE4qbHjb pic.twitter.com/hYVDVPEAEA
— New York Post (@nypost) April 27, 2026
Bouclier de fortune
Les objets trouvés à proximité du second, qui aurait succombé environ deux heures plus tard, comprenaient une dizaine de pièces en bronze ainsi qu’un mortier en terre cuite fracturé. Sa présence suggère son utilisation comme bouclier de fortune pour se protéger de la pluie de débris brûlants, alors qu’un épais brouillard volcanique recouvrait Pompéi.
Une protection bien vaine qu’il n’aurait pas été le seul à privilégier. Dans ses écrits, l’érudit romain Pline le Jeune, observant la catastrophe depuis l’autre côté de la baie, évoquait des personnes courant désespérément en direction de la plage de Stabia en tenant des objets tels que des oreillers au-dessus de leur tête.
« La quantité faramineuse de données archéologiques à Pompéi est aujourd’hui telle que seule l’intelligence artificielle nous permettra de les exploiter pleinement », a déclaré Gabriel Zuchtriegel, directeur général du Parc archéologique. « Bien utilisée, elle peut compléter efficacement les études conventionnelles, en racontant le monde antique d’une manière plus immersive. »
Précédemment, une étude avait confirmé une réoccupation de la ville peu après la tragique éruption du Vésuve.