Selon cette vaste étude étalée sur dix ans, l’activité humaine produit annuellement jusqu’à 100 fois plus de CO2, principale cause du réchauffement climatique, que la totalité des volcans de notre planète.

Des résultats alarmants

Le Deep Carbon Observatory (DCO) a publié une série d’articles décrivant comment le carbone est stocké, émis et réabsorbé par des processus naturels et artificiels. Les chercheurs ont découvert que les émissions de dioxyde de carbone d’origine humaine sont beaucoup plus importantes que la contribution des volcans (régulièrement présentés comme les principaux responsables du réchauffement par les climato-sceptiques).

Présentés dans la revue Elements, leurs résultats ont montré que seulement 0,2 % du carbone terrestre (43 500 tonnes) se trouve au-dessus de la surface (atmosphère, océans, terres). Le reste, soit 1,85 milliard de gigatonnes de CO2, est stocké dans la croûte terrestre, le manteau et le noyau de notre planète.

En mesurant la présence de certains isotopes de carbone dans des échantillons de roche, le DCO a découvert que sur 500 millions d’années, la planète parvient généralement à réguler elle-même les niveaux de CO2.

Les exceptions à cette règle prennent la forme de « perturbations catastrophiques » du cycle du carbone de la Terre, telles que d’immenses éruptions volcaniques ou une collision avec une météorite massive, semblable à celles ayant causé la disparition des dinosaures. « Nous avions précédemment remarqué que ces apports de carbone massifs dans l’atmosphère terrestre provoquaient d’énormes changements dans la composition de l’océan et la disponibilité de l’oxygène », précisent les chercheurs.

— Balu / Shutterstock.com

37 gigatonnes de CO2 générées annuellement par l’activité humaine

L’équipe de scientifiques a ainsi estimé que l’impact de Chicxulub il y a 66 millions d’années, ayant éradiqué 75 % de toute vie sur Terre, avait libéré entre 425 et 1 400 gigatonnes de CO2 dans l’atmosphère. À titre de comparaison, rien qu’en 2018, les émissions de CO2 d’origine humaine dépassaient 37 gigatonnes. Selon Marie Edmonds, vulcanologue au Queens’ College de Cambridge : « La quantité de CO2 rejetée dans l’atmosphère par l’activité anthropique (d’origine humaine) au cours des 10 à 12 dernières années est équivalente à ce type de changements catastrophiques. »

Celina Suarez, professeure de géologie à l’université de l’Arkansas, a de son côté déclaré que les émissions anthropiques modernes étaient de la « même ampleur » que de précédents chocs du cycle du carbone ayant entraîné des extinctions de masse. Le CO2 libéré annuellement par les volcans oscille entre 0,3 et 0,4 gigatonne, soit 100 fois moins que les émissions humaines. Bien que la Terre ait déjà connu des concentrations de CO2 plus élevées, il lui a fallu, hors évènements catastrophiques, des centaines de milliers d’années pour atteindre des niveaux similaires.

« Les climatosceptiques disent que la Terre finit toujours par retrouver son équilibre. Et c’est vrai, notre planète retrouvera son équilibre. Mais pas dans un délai ayant un sens pour les Hommes », conclut Celina Suarez.

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