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De nouveaux travaux mettent en évidence l’ampleur de la contamination des terres agricoles par les microplastiques, susceptibles d’affecter les interactions entre le sol et les plantes et dont les niveaux dépendent des pratiques utilisées par les exploitants.

Une pollution insidieuse

Si l’ampleur de la pollution plastique dans les océans est largement étudiée depuis plus d’une décennie, ce n’est que récemment que les chercheurs ont commencé à s’intéresser de près aux particules plastiques s’accumulant sur la terre ferme, y compris dans les zones agricoles. En 2016, une équipe internationale de chercheurs avait notamment estimé que 107 000 à 730 000 tonnes de microplastiques étaient déversées annuellement sur les terres agricoles aux États-Unis et en Europe.

Les sources potentielles de microplastiques dans les environnements agricoles comprennent les boues d’épuration, le compost, l’irrigation à partir des eaux usées, le ruissellement routier, les dépôts atmosphériques et les plastiques issus de la pratique agricole. Sachant que de tels fragments peuvent également provenir d’engrais produits à partir de déchets biologiques, comme l’ont montré différents travaux.

On estime que 79 % des 6,3 milliards de tonnes de déchets plastiques produits en 2015 se sont accumulés dans des décharges ou dans l’environnement naturel et que 7 % des plastiques produits dans le monde ont été utilisés pour l’agriculture. Le paillage plastique, qui couvre une grande partie de la surface agricole européenne, a connu une croissance rapide dans le monde entier ces dernières années. Tandis que les films de polyéthylène sont également largement utilisés dans les serres.

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Quatre types de sols agricoles analysés

Pour cette nouvelle étude présentée dans le Journal of Hazardous Materials, des chercheurs de l’université nationale d’Incheon, en Corée du Sud, ont exploré l’abondance des microplastiques dans différents types de sols en se basant sur la pratique agricole employée et ont cherché à déterminer si les sources externes de microplastiques étaient à elles seules responsables de ce type de pollution.

« La plupart des études ont porté sur l’environnement marin, mais des quantités substantielles de microplastiques peuvent être générées dans l’environnement agricole par l’altération et la fragmentation des produits plastiques liés à différentes pratiques », a souligné Seung-Kyu Kim, chercheur principal, dans un communiqué.

Les chercheurs ont examiné quatre types de sols correspondant à différentes pratiques agricoles : les sols de l’extérieur et de l’intérieur de serres, de terrains paillés et de rizières. Les échantillons ont été prélevés sur des terres agricoles rurales pendant la saison sèche afin de minimiser l’effet des sources non agricoles de microplastiques, et seuls les fragments mesurant entre 0,1 et 5 millimètres ont été pris en compte.

Des microplastiques découverts dans l’ensemble des échantillons

Leurs travaux ont montré que les sols provenant de l’extérieur et de l’intérieur des serres présentaient en moyenne la plus grande abondance de microplastiques, tandis que le contenu le plus faible se trouvait dans le paillage. En examinant chaque type de microplastique, les fibres et les lamelles se sont révélées être les types de fragments les plus courants.

Il s’est par ailleurs avéré que tous les échantillons de sol, à l’exception de celui provenant de l’intérieur d’une serre, contenaient une part importante de lamelles, ce qui suggère des sources de microplastiques potentiellement internes.

Les chercheurs coréens espèrent que cette étude aidera à mettre en évidence le problème croissant des microplastiques dans le milieu agricole, et contribuera à l’établissement de stratégies de gestion efficaces pour s’attaquer à ce type de pollution insidieuse, se retrouvant jusqu’au sommet de l’Everest. Leurs prochains travaux se concentreront sur la contribution des sources individuelles de microplastiques et leurs effets sur les propriétés des sols, qui se répercutent sur l’ensemble de l’écosystème.

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