— Vixit / Shutterstock.com

Bien que les microplastiques soient souvent associés à la pollution des océans, cette nouvelle étude montre que ces minuscules fragments sont littéralement partout, du niveau de la mer jusqu’aux pentes sommitales de la plus haute montagne du monde.

Une forme insidieuse de pollution plastique

Minuscules déchets mesurant à peine quelques millimètres, les microplastiques sont une forme insidieuse de pollution plastique incroyablement difficile à retracer, mais de récentes études ont permis aux scientifiques de se faire une idée plus précise de l’étendue de sa présence. Dans le cadre de travaux présentés dans la revue One Earth, des chercheurs ont identifié pour la première fois ce type de fragments à proximité du sommet de l’Everest, culminant à 8 848 mètres d’altitude.

Une grande partie de la recherche sur la pollution par les microplastiques se concentre sur son cheminement dans l’environnement marin, avec des débris de plastique se déversant dans les mers où les forces océaniques les décomposent en minuscules fragments. Au fil des années, de fortes concentrations de microplastiques ont été mises en évidence dans les profondeurs de l’océan, ainsi que des preuves de plus en plus nombreuses de leur impact sur la vie marine.

Alors qu’il avait été précédemment montré que les microplastiques étaient également présents dans la glace marine de l’Antarctique et de l’Arctique, leur présence au sein des environnements terrestres, et plus particulièrement des plus hautes montagnes du monde, n’avait été que peu étudiée. Afin de faire la lumière sur ce sujet, des chercheurs de l’université de Plymouth ont analysé des échantillons de neige et d’eau recueillis lors d’une expédition printanière sur l’Everest en 2019.

Sans surprise, la plus forte concentration de microplastiques a été identifiée au camp de base de l’Everest, fréquenté par de nombreux grimpeurs et randonneurs, mais il se trouve que les chercheurs ont également trouvé des preuves de leur présence jusqu’à 8 440 m d’altitude, juste en dessous du sommet.

Camp de base du versant népalais — © Ilker Ender / Wikimedia Creative Commons

Les équipements utilisés par les grimpeurs comme sources probables

« Les prélèvements ont montré des quantités importantes de fibres de polyester, d’acrylique, de nylon et de polypropylène », explique Imogen Napper, première auteure de l’étude. « Ces matériaux sont de plus en plus utilisés pour fabriquer les vêtements d’extérieur à haute performance que les alpinistes utilisent, ainsi que les tentes et les cordes d’escalade. Nous suspectons fortement ce genre d’objets de constituer une source majeure de pollution, plutôt que des choses comme les contenants de nourriture et de boisson. »

Savoir quels types de plastique se retrouvent à de telles altitudes aidera les scientifiques à retracer le chemin de la pollution. En raison de leur petite taille et de leur abondance apparente, les microplastiques sont très difficiles à collecter. Il sera donc essentiel de limiter notre dépendance à l’égard des produits qui en contiennent et de mettre au point des solutions de remplacement pour prévenir ce type de pollution.

« Actuellement, les efforts environnementaux tendent à se concentrer sur la réduction, la réutilisation et le recyclage des déchets de grande taille », souligne Napper. « C’est important, mais nous devons également commencer à nous concentrer sur des solutions technologiques plus profondes qui mettent l’accent sur les microplastiques, comme la modification de la conception des tissus et l’incorporation de fibres naturelles à la place du plastique lorsque cela est possible. »

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