La fin des famines ? Des chercheurs créent un « riz infini » modifié qui ne nécessite qu’une semence

Une équipe internationale de chercheurs et généticiens est parvenue à créer des plantes cultivées se reproduisant par clonage. Après des décennies de recherches infructueuses, cette découverte importante pourrait révolutionner l’agriculture mondiale avec des plantes à haut rendement, résistantes aux maladies et aux conditions climatiques difficiles.

 

La reproduction des cultures par clonage devient réalité

Depuis les années 1920, de nombreuses cultures ont été obtenues à partir de semences hybrides nées du croisement de deux variétés différentes. Jusqu’à présent, les plantes hybrides produites pouvaient offrir un meilleur rendement ou présenter une résistance accrue aux maladies, mais lorsque ces dernières se reproduisaient à leur tour, les cultures ne présentaient plus les mêmes propriétés. En d’autres termes : les agriculteurs devaient chaque année renouveler leur stock de semences hybrides pour optimiser le rendement de leurs cultures, ce qui se révélait extrêmement coûteux.

Mais grâce au travail d’une équipe de chercheurs, plusieurs variétés de plantes cultivées auront bientôt recours au clonage pour se reproduire, ce qui permettra par extension aux agriculteurs des pays en développement de bénéficier d’année en année de cultures à haut rendement en utilisant les semences produites par leurs propres plantes hybrides. Appelé apomixie, ce processus naturel est observable chez près de 400 espèces de plantes sauvages, il n’avait jamais été observé chez les espèces cultivées à grande échelle. Les résultats de l’étude ont été présentés dans la revue Nature.

 

« L’utilisation de ces semences pourrait révolutionner l’agriculture mondiale »

Les scientifiques ont en effet découvert que la modification d’un seul gène était cruciale pour introduire l’apomixie (capacité à produire à des graines clonées) dans les plants de riz. Appelé BBM1, le gène mâle en question appartient à une famille de gènes végétaux appelés « Baby Boom » et revêt un rôle fondamental dans la transformation d’un zygote fécondé en embryon. Les modifications génétiques pratiquées ont permis de générer des gamètes par mitose, caractérisée par une multiplication dans laquelle une seule dotation des gènes a été héritée, et le gène BBM1 a ensuite été activé pour induire le début du stade embryonnaire.

À l’heure actuelle, ce processus innovant possède un taux de réussite de 30 %, mais les chercheurs espèrent que la poursuite de leurs travaux leur permettra d’atteindre un taux bien supérieur. Testée sur des plants de riz, cette approche pourrait également fonctionner pour d’autres céréales, possédant des gènes BBM1 similaires, voire pour d’autres types de cultures. Comme le souligne Venkatesan Sundaresan, professeur de biologie végétale à l’Université de Californie : « Démocratiser l’utilisation de ce type de semences pourrait permettre de révolutionner l’agriculture mondiale ».

© Pixabay

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