
Au centre d’un célèbre tableau de Vermeer, les perles sont des bijoux prisés depuis des siècles. Mais plutôt que les entrailles de la Terre, celles-ci se forment au creux de l’écrin protecteur des mollusques.
Sphères de nacre
La coquille des mollusques, au corps mou et visqueux, constituent leur principale défense. Mais lorsque des pathogènes parviennent à la franchir, ces créatures usent d’une stratégie remarquable pour les piéger. L’absorption de carbonate de calcium présent dans l’eau environnante leur permet de produire de l’aragonite, qui, en se liant à une protéine connue sous le nom de conchiloline, finit par former une sphère de nacre à l’éclat caractéristique.
Pour en obtenir de grandes quantités, l’industrie joaillière s’appuie sur l’élevage. En règle générale, les ostréiculteurs insèrent manuellement un petit corps étranger (tel qu’un fragment de verre ou de plastique) à l’intérieur de la coquille d’une huître, avant de la remettre à l’eau. Il faudra ensuite compter jusqu’à cinq ans pour obtenir une perle pleinement formée.
Parmi les plus recherchées, on trouve la perle noire, aux reflets anthracite ou vert foncé et produite par l’huître à lèvres noires de Tahiti. Si les palourdes en produisent plus rarement, il peut s’agir de véritables mastodontes.
Chez ces bivalves, le record est officiellement détenu par l’espèce Tridacna gigas, avec une perle de plus de 27 kilos découverte aux Philippines en 1959. Non confirmé par Guinness World Record, un spécimen de 34 kilos, connu sous le nom de « Perle de Puerto Princesa », avait été trouvé dans les mêmes eaux par un pêcheur.

Un avenir pas si radieux
À l’instar de nombreuses espèces marines, le changement climatique constitue une menace majeure pour les mollusques.
Dans les décennies à venir, le réchauffement des mers et l’acidification des océans, lié à l’augmentation des niveaux atmosphériques de dioxyde de carbone, pourraient les pousser à consacrer davantage de leurs ressources au renforcement de leur coquille, réduisant ainsi la quantité de nacre disponible pour la production de perles.
Au cas où vous l’ignoriez, le plus vieil animal au monde était un mollusque, décédé tragiquement à l’âge de 507 printemps.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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