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Réchauffement climatique : les rétroactions naturelles vont l’amplifier de 20 à 30 % d’ici 2100

Elles sont sous-estimées par la plupart des modèles actuels

― Toa55/ Shutterstock .com

À mesure que la planète se réchauffe, les écosystèmes tels que les zones humides émettent davantage de carbone. De nouvelles projections indiquent que ces boucles de rétroaction naturelles vont accentuer significativement le changement climatique d’ici la fin du siècle.

Cercle vicieux

Les émissions liées aux combustibles fossiles ne sont pas les seules responsables de la hausse des températures mondiales. Une atmosphère plus chaude va également avoir tendance à contenir davantage de vapeur d’eau, renforçant à son tour l’effet de serre et accentuant ainsi le réchauffement.

Si nos modèles climatiques actuels intègrent déjà ce type de boucles de rétroaction, des chercheurs se sont spécifiquement penchés sur leurs formes écosystémiques, qui perturbent le stockage du carbone et dont l’impact est globalement sous-estimé. « Pour une réponse adaptée, nous devons prendre en compte toutes les sources d’émissions qui contribuent au réchauffement », rappelle Christina Schädel, du Woodwell Climate Research Center.

La première concerne le dégel du pergélisol arctique, qui se traduit par la décomposition, par des communautés microbiennes, de matière organique piégée depuis des millénaires, libérant ainsi de grandes quantités de CO2 et de méthane.

Les deuxième et troisième concernent les zones humides et les étendues d’eau douce, où la baisse des concentrations de gaz dissous favorise également ce processus. Enfin, la quatrième concerne l’assèchement progressif des sols, qui entraîne des incendies dévastateurs et des émissions massives de gaz à effet de serre.

Une part de réchauffement inévitable

Selon les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Environmental Research Letters, une part significative de ce réchauffement supplémentaire est désormais inévitable, en raison du décalage entre le moment où les émissions ont lieu et celui où leurs effets se font sentir sur les températures.

Même dans un scénario où les émissions de gaz à effet de serre diminueraient drastiquement d’ici à 2050, les quatre boucles de rétroaction contribueraient à une hausse supplémentaire de 0,4 °C à l’horizon 2100, soit une amplification du réchauffement de 20 à 30 %. Si les émissions diminuaient dès aujourd’hui, cette hausse atteindrait tout de même 0,2 °C.

Aussi inquiétantes soient ces conclusions, elles soulignent surtout l’importance de redoubler d’efforts pour atténuer le changement climatique. On estime que la Terre s’est déjà réchauffée de près de 1,4 °C depuis le début de l’ère industrielle, et les conséquences se font déjà sentir, avec des vagues de chaleur et des inondations meurtrières, et des épisodes El Niño historiques.

Par Yann Contegat, le

Source: New Scientist

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