― Sandra Sanders / Shutterstock.com

Jeudi 1er octobre, jour de la fête nationale chinoise, était également le jour de mobilisation contre la persécution dont les Ouïghours font l’objet. À l’initiative de l’eurodéputé français Raphaël Glucksmann, de nombreuses personnalités, politiques, artistiques, intellectuelles, ont appelé les gouvernements à réagir, et les marques à cesser d’utiliser le produit du travail forcé de cette minorité musulmane, victime d’un génocide.

« C’est le plus grand internement de masse du XXIe siècle »

Jeudi, des carrés bleus ont envahi la toile et les réseaux sociaux. La raison ? La date correspondait à la fête nationale chinoise. Pour cette raison, des personnalités de tous bords, à l’initiative de Raphaël Glucksmann, eurodéputé français, ont appelé à se mobiliser contre le « crime contre l’humanité » qui a actuellement cours en Chine contre la minorité turcophone majoritairement musulmane dans la région du Xinjiang, les Ouïghours. Avec les hashtags #FreeUyghurs, #WorldforUyghurs ou encore #FranceforUyghurs, ils ont dénoncé le silence assourdissant du monde face à ce qui peut être qualifié par le droit international de génocide.

Le carré bleu rappelle le mouvement de soutien au Soudan #BlueforSoudan, en juin 2019, où les internautes avaient, de la même manière, posté des carrés bleus en soutien aux manifestations dans le pays et contre la violente répression de ces dernières. Au cours de la semaine, d’autres actions étaient proposées, par exemple la distribution de tracts, l’envoi massif de mails à l’ambassade de Chine ou bien proposer aux maires de signer une « Charte de solidarité ».

Des manifestations et une tribune pour dénoncer un « crime contre l’humanité »

Le 30 septembre, une tribune, parue dans Le Monde, était signée par plusieurs personnalités, dont Omar Sy, Leïla Slimani, Judith Butler, appelant à faire pression sur la Chine. « Stérilisations systématiques, avortements forcés, enfants éloignés des parents, récalcitrants condamnés à mort, femmes obligées de partager (littéralement) leur lit avec les émissaires du Parti communiste chinois, viols massifs » : les crimes énumérés font froid dans le dos, et appellent à faire plus que dénoncer, suite à un constat accablant : après la découverte des camps de la mort de l’Allemagne nazie, le génocide au Rwanda… et après s’être promis « plus jamais ça ! », les mots ne suffisent plus.

C’est pourquoi une pétition appelant le président Macron à agir pour protéger les Ouïghours a, à ce jour, réuni plus de 227 850 signatures. Elle appelle à la mise en place de sanctions européennes contre « les responsables de cette répression », l’arrêt des exportations d’appareils technologiques venant de Chine et visant à renforcer la surveillance de masse, en encourageant le devoir de vigilance des entreprises, projet de loi européen qui forcerait les entreprises à ne plus se fournir parmi les sous-traitants qui ont recours à du travail forcé, et enfin à encourager l’ONU à mettre en place une enquête internationale pour crimes contre l’humanité. Raphaël Glucksmann s’exclamait sur le plateau de Quotidien : « Quel est notre monde si on peut y perpétrer en toute impunité des crimes contre l’humanité ?! Est-ce qu’on veut d’un monde où les multinationales utilisent les travailleurs forcés ouïghours via les fournisseurs chinois ?! », en référence aux révélations de recours au travail forcé des sous-traitants chinois des multinationales :

La répression qui s’est abattue sur cette minorité du Xinjiang s’apparente à un nettoyage ethnique. En effet, les stérilisations et avortements forcés, ainsi que la volonté totale d’anéantissement de la culture de ce peuple relèvent de crimes contre l’humanité. Les stérilisations et avortements forcés de masse, le travail forcé, la volonté d’annihiler la culture de ce peuple et, plus récemment, les faux « cousins » envoyés par la Chine au sein de l’intimité des Ouïghours réclament une réelle action de la part de nos dirigeants. Des campagnes comme celle de la semaine passée ont pour avantage de mettre en lumière ces crimes contre l’humanité, réalisés en toute impunité.

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