Une enquête édifiante du Monde révèle que la Chine ne manque décidément pas d’idées dans sa persécution sans fin des Ouïghours. Dernière trouvaille en date : imposer de faux « cousins » han dans les maisons des familles afin de surveiller le dernier espace d’intimité qu’il leur restait.

Une intrusion forcée dans la dernière sphère d’intimité

Une enquête du Monde rapporte que des cadres han, l’ethnie majoritaire en Chine, sont contraints de venir s’inviter au sein des maisons ouïghoures, minorité musulmane turcophone victime de persécutions et faisant l’objet d’une politique d’anéantissement culturel pouvant s’apparenter à un ethnocide. Ces cadres han sont chargés de surveiller les familles ouïghoures dans ce qui échappait encore à la surveillance massive dont ils font l’objet, à savoir leurs maisons. Au départ, il s’agissait de 100 000 agents chargés de surveiller les familles des Ouïghours soupçonnés de radicalisation, puis finalement le dispositif s’est élargi à plus d’un million d’agents.

Cette notion de « cousins » s’inscrit dans une campagne de 2016 du gouvernement chinois, baptisée « union des ethnies en une seule famille« . En 2017, l’élargissement du programme vise à imposer à des cadres han de propager les principes du communisme chinois aux familles ouïghoures au cours de « semaines de l’unité ethnique« . Actuellement, et depuis 2018, le programme vise à permettre aux cadres et aux familles ouïghoures de « vivre ensemble, cuisiner ensemble, manger ensemble, apprendre ensemble, dormir ensemble« . Au cours de ces visites, les « cousins » sont chargés de surveiller insidieusement les membres de la famille : est-ce qu’ils parlent de Dieu, est-ce qu’ils vont à la mosquée, savent cuisiner des plats chinois, ont un Coran caché chez eux ? Tous les moyens sont bons pour trouver ces informations, y compris les soutirer aux enfants. À cela s’ajoutent des « tests » pouvant être qualifiés de pervers, comme le fait de cuisiner des beignets à la viande sans préciser laquelle, afin de s’assurer que la famille ne s’inquiète pas si c’est du porc ; rapporter de l’alcool, s’approcher des femmes de la maison et surveiller la réaction des hommes… Autant de pratiques malsaines pour s’assurer une fausse allégeance. Une institutrice et responsable pédagogique d’Urumqi, Qelbinur Sidik, rapporte au Monde qu’un bureau spécial a été créé dans son école, où les cadres han exigeaient des photos de leur vie avec les « cousins » han. « On devait envoyer des photos de nous en train de manger avec eux, de cuisiner et de dormir après chaque visite. Et remplir un formulaire sur ce que nous pensions de ‘l’unité ethnique’. Sinon, le rapport n’était pas validé. »

Les Ouïghours sont également contraints de participer à des obligations patriotiques, comme le lever de drapeau du quartier, où un tampon de présence dans un carnet rouge leur est attribué, ainsi qu’un système de notation par points suivant leur implication. Ils sont contraints d’obtenir au minimum 90 sur 100, sinon ils prennent le risque d’être internés dans un camp.

― Hung Chung Chih / Shutterstock.com

Des cas de harcèlement et de viols

Dans de nombreux cas, les cadres han s’invitent dans les familles y compris quand les maris sont en exil, emprisonnés ou en voyage d’affaires, laissant les femmes seules à la merci de ces hommes. Dans certains quartiers ou villes, si ce sont des femmes qui sont envoyées dans les maisons de femmes, dans d’autres la mixité est au contraire imposée. « On a eu connaissance de nombreux cas d’hommes han envoyés dans des foyers ouïghours dans lesquels les maris, frères ou fils sont détenus, exposant les femmes seules à la maison à du harcèlement sexuel ou des viols », rapporte Enwer Memet, de la Dutch Uyghur Human Rights Foundation. Des femmes rapportent des cas d’intimidation et de peur : c’est ainsi le cas de cette femme qui raconte que, même quand son mari était en voyage d’affaires, les « cousins » dormaient tout de même dans la chambre. Elle préférait prendre ses filles avec elle : « Je les serrais très fort contre moi. » Ces pratiques rappellent les « dragons », ces soldats catholiques envoyés chez les familles protestantes, et commettant sur elles des exactions jusqu’à obtenir leur conversion.

Actuellement, les faux « cousins » sont chargés de venir dans les maisons ouïghoures une semaine par mois. Déjà en 2019, quand le programme se mettait en place, on s’indignait du fait que les femmes étaient contraintes de partager leur chambre avec des cadres han. Ceci n’est malheureusement qu’un aspect de la répression et de la politique génocidaire qui s’abat sur cette minorité : ainsi, de nombreux Ouïghours sont enfermés de force dans ce que l’on peut qualifier de « camps de concentration », où ils subissent des lavages de cerveau et même du travail forcé (des enquêtes ont mis au jour le fait que les masques chirurgicaux vendus partout dans le monde sont le fruit de ce travail forcé). Plus graves encore, des cas de stérilisations et d’avortements forcés ont été rapportés, ne permettant plus aucun doute sur les intentions du gouvernement chinois d’annihiler totalement la population ouïghoure.

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Invité
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Du coup,en Chine ils sont en 1680 dans leurs têtes,il y a du boulot!

BANDE DE MENTEUR
Invité
BANDE DE MENTEUR

Non mais vous êtes des trisomiques bande de fils de Chien d’occidentaux vous critiquez la Chine alors que vous êtes responsable de la mort de Juif,asiatique,musulman,arabe,protestant,vous méritez la mort