
Animaux hautement sociaux, les orques sont réputées pour leur intelligence et leurs comportements uniques et complexes. Le dernier en date implique des poissons-lune, percutés à grande vitesse par ces cétacés et explosant comme des confettis.
Pinatas géantes
Les poissons-lunes comptent parmi les poissons osseux les plus massifs au monde. Si la Môle (Mola mola) peut dépasser les 2 700 kilos, la victime du jour, le poisson-lune lancéolé (Masturus lanceolatus) pèse jusqu’à deux tonnes, ce qui représente une quantité importante de chair.
Capturées en 2024 dans le golfe de Californie, les premières images montrent une orque adulte tenant un M. lanceolatus par sa nageoire caudale, et le lâchant juste avant qu’un autre cétacé ne le percute à grande vitesse, le faisant exploser en milliers de morceaux dans un craquement sourd.
Par la suite, les plus jeunes membres du groupe se jettent avidement sur les fragments de chair les plus petits, tandis que les adultes fondent sur les plus gros.
Cet intrigant cérémonial a été documenté un an plus tard dans les mêmes eaux. Le fait que les « pinatas » soient dans les deux cas déjà mortes suggère qu’il s’agisse davantage d’un traitement brutal de la nourriture que d’une forme innovante de prédation.
Créativité morbide
Bien que l’idée d’un partage du butin, avec une orque multipliant les morceaux de poisson-lune plutôt que les pains, soit actuellement privilégiée par les chercheurs, ils n’écartent pas la possibilité qu’il s’agisse d’une simple activité ludique.
« Les orques sont connues pour jouer avec leur nourriture », rappelle Kathryn Ayres, auteure principale de la nouvelle étude, publiée dans la revue Frontiers in Ethology. « Il s’agit de l’un des prédateurs marins les plus emblématiques, et pourtant il ne cesse de nous surprendre. »
Pour son équipe, la prochaine étape consistera à déterminer si cette pratique, illustrant une nouvelle fois la complexité de leurs comportements sociaux, concerne une population spécifique de ces cétacés, et si elle s’étend à d’autres types de proies.
Précédemment, des chercheurs américains avaient documenté la toute première utilisation d’outils par des orques, lors de sessions de « gommage sous-marin ».