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Dans le domaine pharmaceutique, les progrès technologiques et les recherches incessantes permettent de repousser les limites de l’efficacité et de la tolérance des médicaments. Parmi les innovations les plus prometteuses figurent les prodrogues, une approche ingénieuse qui offre des perspectives révolutionnaires pour l’optimisation des traitements médicaux. Cependant, au-delà des prodrogues pharmacologiques, les prodrogues illicites ont aussi gagné du terrain au cours de ces dernières années.

Une prodrogue, c’est quoi ?

La plupart des drogues classiques fonctionnent en interagissant avec le système nerveux du corps, en particulier le cerveau. Elles affectent la communication entre les cellules nerveuses en modifiant la transmission des signaux chimiques appelés neurotransmetteurs. Ces interactions provoquent des effets rapides mais temporaires. Une fois leur action accomplie, ces drogues sont ensuite transformées en produits chimiques inactifs ou moins actifs. Le corps s’en débarrasse ensuite à travers l’urine.

De leur côté, les prodrogues sont des substances qui ne sont pas directement actives lorsqu’elles sont consommées, mais se transforment en drogues psychoactives puissantes après avoir subi une réaction de biotransformation dans l’organisme. La transformation se fait à l’intérieur du corps par des processus naturels. ALD-52 (1-acétyl-LSD), par exemple, est une prodrogue qui est convertie par le corps en LSD après l’élimination de deux atomes de carbone et d’un atome d’oxygène.

Certains rapports indiquent que l’ALD-52 existe depuis les années 1960. Cependant, il a fallu attendre jusqu’en 2014 pour qu’elle soit inscrite sur la liste des substances contrôlées au Royaume-Uni. En France, elle a été détectée de manière officielle en 2016.

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Les prodrogues ne sont pas encore considérées comme des substances contrôlées dans de nombreux pays

Pendant la pandémie de Covid-19, l’Italie a connu une forte augmentation des saisies de prodrogues à base de LSD. Au Japon, les autorités ont également été confrontées à une augmentation du nombre de composés prodrogues similaires au LSD. En outre, le Brésil a fait ses premiers rapports sur les prodrogues LSD en 2022.

La GHB (gamma-hydroxybutyrate), une drogue psychoactive et dépresseur du système nerveux central, a également un équivalent prodrogue appelé GBL (gamma-butyrolactone). En 2022, les autorités britanniques ont mis en place des contrôles plus stricts pour cette substance, qui est généralement vendue comme agent de nettoyage. Aujourd’hui, elle est classée comme une drogue de classe B, à l’instar de la kétamine et du cannabis.

Bien que certaines prodrogues soient déjà considérées comme des substances contrôlées dans des pays comme la France, le Japon et le Royaume-Uni, dans d’autres pays comme les États-Unis et le Canada, il faut prouver qu’ils sont des analogues de drogues déjà interdites pour qu’elles soient considérées comme illégales. Or, lorsqu’une substance n’est pas officiellement répertoriée comme étant interdite par la loi et que des tests de laboratoire sont nécessaires pour prouver qu’elle est similaire à des drogues contrôlées, il y a davantage de possibilités de contester sa légalité devant les tribunaux.

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