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— Jung Hsuan / Shutterstock.com

Une expédition scientifique dans le Pacifique oriental a conduit à la découverte de quatre nouveaux monts sous-marins gigantesques. Le plus imposant s’avérant trois fois plus haut que la plus grande structure jamais bâtie par l’Homme.

Géants des profondeurs

Cartographiées par l’équipage du navire de recherche Falkor, ces montagnes sous-marines se trouvent à plusieurs centaines de kilomètres des côtes du Pérou et du Chili. Si les trois reliefs péruviens mesurent respectivement 1 591 mètres, 1 644 mètres et 1 873 mètres, le mont sous-marin chilien s’élève à 2 681 mètres au-dessus du plancher océanique, avec un sommet localisé à moins d’un kilomètre de la surface. À titre de comparaison, l’édifice le plus haut du monde, le Burj Khalifa de Dubaï, mesure « seulement » 828 mètres.

Ces pics sous-marins géants, qui sont tous des volcans éteints, sont si massifs (la base du plus imposant s’étend sur pas moins de 450 kilomètres carrés) qu’ils créent des anomalies gravitationnelles, comparées à de subtiles bosses à la surface des océans, qui peuvent être détectées par les satellites.

Si une étude menée l’an passé avait permis la mise en évidence de plus de 19 000 nouveaux monts sous-marins, il ne s’agirait que de la pointe de l’iceberg. Selon la National Oceanic and Atmospheric Administration, les océans du globe abriteraient jusqu’à 100 000 de ces formations, majoritairement localisées dans le Pacifique.

Techniquement, le plus grand mont sous-marin au monde reste le Mauna Kea. S’élevant à environ 4 205 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce volcan hawaïen endormi prend pied à une profondeur d’environ 6 000 mètres, portant sa hauteur totale à plus de 10 kilomètres.

Une biodiversité exceptionnelle

Souvent qualifiés de « points chauds biologiques », ces reliefs cachés accueillent sur leurs flancs un vaste éventail d’organismes immobiles tels que les coraux et les éponges, et favorisent les remontées d’eau froide riche en minéraux des profondeurs. Un phénomène qui attire des créatures plus grandes, notamment des crustacés, des poissons, des céphalopodes et des requins.

« Chaque fois que nous tombons sur ces riches communautés des fonds marins, nous réalisons d’incroyables découvertes qui font progresser notre connaissance de la vie sur Terre », souligne Jyotika Virmani, de l’Institut océanique Schmidt.

La récente expédition s’inscrit dans le cadre d’un nouveau projet, baptisé Seabed 2030, qui vise à cartographier l’ensemble des fonds marins de la planète d’ici la fin de la décennie.

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