pièce Jérusalem
Shekel en argent marquant la seconde année de la première révolte juive (66-70) — © Wikimedia Creative Commons

Une équipe de l’université hébraïque de Jérusalem a mis au jour un ensemble de pièces antiques, dont un demi-shekel remontant au premier soulèvement de la population juive de Judée face à l’Empire romain, il y a près de deux millénaires.

Une trouvaille archéologique rare

Fruit de décennies de tensions religieuses et économiques, marquées par le pillage du Second Temple par Crassius et l’arrestation des responsables politiques juifs de Jérusalem, la Grande Révolte débuta en 66 de notre ère et contraint le roi pro-romain Hérode Agrippa II à abandonner la ville. Afin de mater la rébellion, Rome mobilisa plusieurs légions (soutenues par les forces d’Agrippa) qui assiégèrent la cité pendant quatre mois en 70 de notre ère, et la détruisirent en grande partie.

De récentes fouilles réalisées dans la zone d’Ophel, au sud du mont du Temple, ont conduit à la découverte d’un ensemble de pièces de monnaie en bronze datant de cette période, ainsi que d’un demi-shekel extrêmement rare frappé entre 69 et 70 après J.-C., constituant l’un des trois exemples jamais découverts à Jérusalem.

Frappées par les habitants juifs de la ville durant la Grande Révolte, la plupart de ces artefacts présentaient un gobelet surmonté d’une inscription hébraïque indiquant l’année du soulèvement sur une face, tandis que l’autre comportait trois grenades en fleur (fruit censé comporter 613 graines, correspondant au nombre de commandements de la Torah) et l’inscription « Sainte Jérusalem ».

Selon l’équipe archéologique, l’émission de ces monnaies visait notamment à affirmer l’émancipation du peuple juif du joug de l’Empire romain, qui contrôlait jusqu’alors ce processus.

Des pièces destinées à remplacer les demi-shekels libanais

Pesant environ 7 grammes, les pièces d’un demi-shekel étaient utilisées pour payer la taxe au Temple, contribution annuelle de chaque homme adulte juif pour aider à couvrir les coûts du culte, ainsi que comme moyen de recensement.

« Jusqu’à la révolte, il était d’usage de payer la taxe d’un demi-shekel en utilisant des pièces d’argent de bonne qualité frappées à Tyr au Liban, dont l’une des faces représentait la divinité Héraklès-Melqart et l’autre un aigle surmonté de l’inscription ‘Tyr, ville sainte et refuge’ », explique le numismate Yoav Farhi. « Les devises frappées par les rebelles visaient à les remplacer, en utilisant des inscriptions plus appropriées et en remplaçant les images, interdites par le second commandement, par des symboles. »

Les pièces d’argent de la Grande Révolte furent les premières et les dernières de l’Antiquité à porter le nom de « shekel ». Ce n’est qu’en 1980 que ce terme fit son retour sur la monnaie frappée par la Banque d’Israël.

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