
Située au large de la côte sud de l’Iran, l’île d’Ormuz se distingue par ses plages et roches d’une teinte ocre saisissante. Si son patrimoine géologique fascine depuis longtemps scientifiques et touristes, les activités minières et les tensions avec l’Occident inquiètent.
Un dôme de sel actif
Affichant une superficie d’environ 42 kilomètres carrés et une altitude maximale de 186 mètres, ce bout de terre est un dôme de sel actif : une formation géologique dont l’activité souterraine se traduit par la remontée continuelle de ce minéral. S’expliquant par la densité plus faible du sel, ce mouvement se traduit par des surfaces accidentées, mêlant collines, crêtes et même de petites montagnes.
Les sols de cette île du golfe Persique sont dominés par le gypse, l’anhydrite et l’halite, mais c’est la combinaison d’hématite et d’hydroxydes de fer qui donnent à ses plages leur couleur pourpre caractéristique.
Vue de l’espace, Hormuz s’apparente à une larme géante et stratifiée. Si les eaux souterraines et les précipitations se révèlent trop faibles pour dissoudre efficacement ses composés salins de surface, les rares averses s’abattant sur l’île entraînent l’apparition de véritables ruisseaux de sang s’écoulant vers la mer.
Ses environnements arides abritent une riche vie animale, comprenant différentes espèces de lézards, d’insectes et d’oiseaux. À ses abords, on peut notamment observer des populations de dauphins, de tortues géantes ainsi que des récifs coralliens colorés.
Le gelak
Les terres ocres de l’île d’Ormuz sont connues sous le nom de « gelak ». Employé depuis des siècles dans la cuisine locale (pour confectionner différentes sauces et une sorte de pain connu sous le nom de « tomshi »), il est également utilisé comme colorant dans l’industrie cosmétique.
Face à des pratiques minières jugées peu durables et à la situation géopolitique pour le moins tendue de la région, de nombreux scientifiques tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme et militent pour des mesures drastiques visant à préserver la géologie et la faune remarquables de l’île pour les futures générations.
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