
Il arrive souvent que d’énormes icebergs se détachent des plateformes de glace dans les cercles polaires. Après qu’un gros bloc de glace s’est détaché de la péninsule Antarctique, les chercheurs ont fait une découverte extraordinaire : les fonds marins autrefois cachés par l’iceberg recèlent un écosystème des plus étonnants.
Un évènement inattendu
Le 13 janvier, un énorme iceberg s’est détaché de la plateforme de glace George VI, l’un des immenses glaciers flottants attachés à la calotte glaciaire de la péninsule Antarctique. Nommé A-84, cet iceberg fait à peu près la même taille que Chicago, avec une superficie d’un peu moins de 600 kilomètres carrés. D’après les observations de la NASA, cet iceberg en forme de pomme de terre a dérivé sur environ 250 kilomètres depuis son point d’origine dans le mois qui a suivi son détachement.
Si l’observation des vêlages d’iceberg est essentielle – notamment en raison des tendances climatiques et environnementales actuelles –, ce n’est pas le point le plus important en ce qui concerne l’A-84. Une équipe internationale de chercheurs à bord du navire de recherche Falkor du Schmidt Ocean Institute effectuait un voyage autour de l’Antarctique au moment du vêlage de l’iceberg. Plus précisément, ils se trouvaient dans la mer de Bellingshausen quand cela s’est produit. En apprenant la nouvelle, l’équipe a décidé de changer ses plans pour aller observer le site de détachement de l’iceberg.
A thriving ecosystem has been discovered in Antarctica where an iceberg broke offhttps://t.co/EBpJ4gLtb6https://t.co/TLWJS0D8EL
— Andrew Orlov (@developer_1c) March 22, 2025
Scientists have discovered life in places they least expected to see it. pic.twitter.com/4NhqTIPyAH
Un écosystème florissant insoupçonné
Pour ce faire, les chercheurs ont utilisé le submersible télécommandé SuBastian pour prendre des photos et des vidéos, et collecter des spécimens dans le fond marin, allant jusqu’à 1 300 mètres de profondeur. Cela leur a permis de faire une découverte étonnante. Sur la zone de 540 kilomètres carrés, les scientifiques ont eu la surprise d’observer un écosystème étonnamment abondant. Le fond marin autrefois caché par le bloc de glace abritait en effet une explosion de vie, dont une forêt d’éponges, des araignées de mer géantes, des poissons des glaces, des poulpes, d’énormes coraux, des anémones et des méduses des profondeurs.
Les scientifiques affirment que parmi les spécimens observés figuraient de nouvelles espèces. Une telle biodiversité est vraiment surprenante dans la mesure où les profondeurs froides et sombres sous une croûte de glace aussi épaisse ne sont pas vraiment propices à une telle richesse biologique. En effet, les écosystèmes des grands fonds dépendent généralement des organismes photosynthétiques pour faire descendre les nutriments de la surface vers le fond marin. Or, la communauté biologique récemment découverte était recouverte de 150 mètres d’épaisseur de glace depuis des siècles, totalement privée de nutriments de surface.
Comment ces créatures ont-elles donc pu prospérer à cet endroit ? Les scientifiques ont émis l’hypothèse que les courants océaniques, la fonte des glaciers ou d’autres éléments pourraient transporter des nutriments essentiels à la vie sous la banquise. Le mécanisme précis qui alimente ces écosystèmes reste cependant à comprendre. Il en va de même pour l’identification officielle des potentielles nouvelles espèces. Dans l’ensemble, les chercheurs espèrent que l’énorme volume de données océaniques et environnementales recueillies sur le site apportera des réponses concrètes sur cet écosystème jamais vu auparavant.
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Par Gabrielle Andriamanjatoson, le
Source: Smithsonian Magazine
Étiquettes: iceberg
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