L’épidémie de Covid-19 est loin d’être anodine et cela se ressent de plus en plus, notamment à l’échelle des indicateurs démographiques. Ce dimanche 29 mars, le directeur général de la Santé Jérôme Salomon a déclaré que « le nombre observé de décès sur la semaine 12 [du 16 au 22 mars] devient significativement supérieur à celui attendu, avec un excès de mortalité de 9 % ». 

Cinq régions de France seraient concernées par cette hausse de la mortalité, tous âges confondus : le Grand Est, les Hauts-de-France, la Bourgogne-Franche-Comté, l’Île-de-France et la Corse. La tranche d’âge des plus de 65 ans serait par ailleurs victime d’une “surmortalité”. Les propos de Jérôme Salomon font écho à la publication par l’INSEE il y a quelques jours de statistiques issues du “Répertoire national d’identification des personnes physiques”, dont le but est de recenser les naissances et décès des personnes vivant en France. Ces statistiques montrent de fait une hausse de la mortalité toutes causes confondues par rapport à la même période (du 1er au 16 mars) en 2019 dans différents départements français. 

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Les départements les plus concernés par cette hausse de la mortalité sont ceux de Mayotte (+40 %), du Haut-Rhin (+38 %) et de la Corse-du-Sud (+31 %). Même si, formellement, le lien de cause à effet entre Covid-19 et hausse de la mortalité n’a pas encore été prouvé, on note quand même que les départements touchés par cette hausse sont également ceux qui sont les plus touchés par le coronavirus. Le Haut-Rhin était en effet un des foyers de l’épidémie de coronavirus en France. 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : dans le Haut-Rhin, entre le 1er et le 16 mars 2019, 302 personnes sont décédées. À la même période, un an plus tard, c’est 417 personnes qui sont décédées, soit 115 de plus. Mais l’INSEE nous invite à rester vigilants : « Il ne s’agit toutefois pas d’une estimation de la surmortalité liée au Covid-19, qui nécessite la mobilisation de modélisations économétriques mises en œuvre par Santé publique France. » A l’échelle nationale, on note que le nombre de décès “dont les données ont été transmises par voie dématérialisée” est de 31 400 à la date du 20 mars 2020, contre 30 900 au 20 mars 2019.

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