En utilisant des techniques d’édition de gènes, des chercheurs américains sont parvenus à identifier plusieurs gènes à l’origine des incroyables capacités de régénération de cette espèce de salamandre.

Les capacités de régénération hors du commun de l’axolotl

Avec ses yeux très espacés et ses branchies, l’axolotl ressemble à une créature extraterrestre et possède également des pouvoirs de régénération semblant provenir d’un autre monde. Lorsque cette espèce de salamandre endémique du Mexique perd un membre, ou qu’une partie de son cœur ou de son cerveau est détruite, celle-ci est en effet capable de les faire repousser. En d’autres termes : l’animal peut récupérer complètement de la quasi-totalité des blessures n’ayant pas entraîné sa mort.

De ce fait, percer le secret des mécanismes génétiques à l’origine de cette capacité de régénération hors normes pourrait permettre de développer des approches permettant de restaurer les tissus endommagés chez l’Homme. Mais jusqu’à récemment, les tentatives des chercheurs ont été contrecarrées par une autre particularité étonnante de l’axolotl : son génome incroyablement vaste, qui se révèle 10 fois plus grand que celui des humains.

Aujourd’hui, une équipe de chercheurs de l’université de Yale, dont les travaux ont été présentés dans la revue eLife, a développé un moyen ingénieux pour explorer le génome complexe de l’animal, et qui lui a d’ores et déjà permis d’identifier au moins deux gènes à l’origine de ses capacités de régénération spectaculaires.

— Arm001 / Shutterstock.com

Des gènes similaires ont été identifiés chez l’humain

L’avènement de nouvelles technologies de séquençage et d’édition de gènes a permis aux chercheurs de dresser une liste de centaines de gènes pouvant être à l’origine de la régénération des membres chez l’axolotl. Mais l’étendue du génome de l’animal, qui se trouve par ailleurs être rempli de séquences d’ADN répétées, a rendu l’étude de la fonction précise de ces gènes particulièrement compliquée pour l’équipe du professeur Parker Flowers.

Les chercheurs américains ont essentiellement utilisé les techniques d’édition de gènes au cours d’un processus en plusieurs étapes visant à créer des marqueurs capables de suivre 25 des gènes soupçonnés d’être impliqués dans la régénération des membres de la salamandre. Une méthode qui leur a permis d’identifier deux gènes dans le blastème (amas de cellules indifférenciées se formant au niveau de la plaie d’un membre sectionné) qui étaient également responsables de la régénération partielle de la queue de l’axolotl.

Des gènes similaires ayant été identifiés chez l’humain, les auteurs de l’étude estiment que de futures recherches pourraient permettre de découvrir comment les activer, afin d’accélérer et d’améliorer la cicatrisation des plaies ainsi que la régénération des tissus.

L’axolotl a également la particularité de posséder le plus grand génome de tous les animaux séquencés à ce jour.

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