Voici ce qu’il se passe lorsque la foudre frappe un avion

Les avions représentent l’un des moyens de transport les plus sûrs au monde ! Pourtant, vous êtes sûrement déjà tombé sur la photographie d’un avion foudroyé. Statistiquement, chaque avion est touché au moins une fois tous les deux ans environ. Inquiet pour votre prochain voyage ? Ne vous en faites pas, même si les avions sont foudroyés plus souvent qu’on ne le pense, il n’y a pas de réel danger pour ses occupants et on vous explique pourquoi !

Les avions et la foudre, une grande histoire d’amour

C’est une valse qui se joue dans le ciel lorsque les avions se joignent aux tumultes des airs ! Même si les pilotes évitent autant que possible les nuages orageux ou cumulonimbus, il est parfois impossible de les contourner. Attachez vos ceintures, turbulences en approche !

Une fois dans cette atmosphère ionisée (même à une distance de 9 à 18 kilomètres de ce nuage orageux), les avions peuvent alors déclencher une décharge de foudre de par les parties pointues de l’appareil qui amplifient le champ électrostatique. Le pilote Patrick Smith explique dans son livre Cockpit Confidential que « généralement, l’éclair frappe l’extrémité d’une aile ou le nez de l’appareil, passe par le fuselage et ressort de l’autre côté, par exemple par la queue ».

Vous avez bien lu : les avions attirent les coups de foudre ! On estime d’ailleurs qu’un peu moins de 90 % des éclairs touchant un avion sont provoqués par lui-même.

Respirez ! Vous êtes en sécurité

La foudre, aussi impressionnante soit-elle, représente sûrement l’un des phénomènes les moins dangereux que peuvent rencontrer les pilotes pris dans un orage. Et oui, tout avion qui voudrait voler doit obligatoirement être certifié résistant à la foudre ! Pour cela, rien de plus simple ou presque…

Le fuselage métallique de certains avions fait déjà office de cage de Faraday protégeant ses occupants de la décharge électrique. Pour les appareils plus récents, comme le Boeing 767 ou l’Airbus A350, avec un fuselage en fibre de carbone, le principe est quasiment identique. Le fuselage doit seulement être préalablement recouvert d’une fine couche de cuivre afin d’imiter une cage de Faraday.

Dans les deux cas donc, la foudre passe rapidement le long du fuselage, le courant se répartissant dans la carlingue métallique, sans la traverser, et continue sa route. Ni vu, ni connu, votre avion vient d’être touché par la foudre et vous ne le savez peut-être même pas.

Comme le précise le professeur Manu Haddad du laboratoire de Morgan Botti sur l’étude des foudres à l’université de Cardiff, « l’intensité du courant lors d’un coup de foudre peut aller jusqu’à 200 000 ampères — les passagers peuvent entendre un bruit ou voir un éclair dans le hublot, mais ils ne sentiront rien ».

Le réservoir de kérosène constitue le point sensible de l’avion. En effet, la moindre étincelle peut le faire exploser. Les tests sont donc très rigoureux pour sécuriser cette partie de l’avion et empêcher la foudre d’avoir un quelconque impact sur celui-ci. A l’heure actuelle, aucun cas d’explosion d’avion moderne n’a été imputé à la foudre.

La foudre peut provoquer des perturbations passagères au niveau du système de l’avion, mais pas de panne sévère, ni au niveau des commandes, ni au niveau des communications. Tout est pensé pour éviter toute panne due aux surtensions liées à la foudre : des parafoudres protègent certains matériels, les systèmes électroniques sont installés en double ou en triple…

 

Une rencontre qui peut laisser des traces

Certes, vous êtes en vie mais il n’en reste pas moins que les coups de foudre laissent parfois des traces. Au sol, les techniciens de maintenance doivent examiner l’ensemble de l’appareil, en se concentrant sur les sections par lesquelles entre et sort la foudre en cas de collision, autrement dit le nez, les ailes, la queue, certains capteurs, les antennes, les radômes, ou encore les portes du train d’atterrissage.

Le bilan peut aller de simples trous de quelques millimètres à la destruction de capteurs, mais il s’agit de dégâts très mineurs n’ayant pas affecté le vol. Pour preuve, il n’est pas rare que l’équipage ne se soit même pas rendu compte du foudroiement et que ce soit les techniciens une fois au sol qui relèvent des traces de l’incident. « L’éclair frappe les avions très souvent sans que rien ne se produise » confie Alexeï Kotchemassov, commandant de bord travaillant pour la compagnie Pobeda.

Vous l’aurez compris, si votre avion venait à être frappé par la foudre, vous seriez plutôt en sécurité. Il existe très peu de cas prouvés d’incidents graves mettant en cause la foudre. Alors, pas d’inquiétude, vous pouvez voyager sereinement cet été.


Accompagnez-nous sur les réseaux sociaux