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Accusé d’abuser de sa position de leader et d’écraser injustement ses concurrents aux États-Unis, Facebook doit maintenant faire face à deux plaintes antitrust. La procédure a été initiée par la FTC – la Commission de la concurrence américaine – et par 48 États et territoires du pays.

Facebook bientôt séparé d’Instagram et de WhatsApp ?

Les régulateurs fédéraux des États-Unis ont initié une poursuite en justice contre Facebook. Il a notamment été demandé qu’un désinvestissement forcé de ses services de messagerie Instagram et WhatsApp soit effectué. Dans une autre affaire, 46 États et deux districts ont accusé l’entreprise d’abuser de son pouvoir dominant sur le marché des réseaux sociaux pour écraser de plus petits concurrents. Les poursuites antitrust ont officiellement été annoncées par la Federal Trade Commission (FTC) et la procureure générale de New York, Letitia James. « Les réseaux sociaux personnels sont au cœur de la vie de millions d’Américains », a déclaré Ian Conner, directeur du Bureau de la concurrence de la FTC, dans un communiqué.

« Les actions de Facebook pour consolider et maintenir son monopole privent les consommateurs des avantages de la concurrence. Notre objectif est de faire reculer le comportement anticoncurrentiel de Facebook et de restaurer la concurrence afin que l’innovation et la libre concurrence puissent prospérer », a-t-il ajouté. De son côté, la procureure Letitia James a expliqué dans un communiqué que Facebook a trop longtemps abusé de sa position de leader. En étouffant ses petits concurrents, l’entreprise « réduit les choix des consommateurs, étouffe l’innovation, dégrade la protection de la vie privée de millions d’Américains ».

Ces deux plaintes seront lourdes de conséquences pour Facebook. Si les poursuites judiciaires aboutissent, Facebook ne sera pas seulement obligé de se défaire d’Instagram et de WhatsApp. L’entreprise devra également demander des autorisations préalables avant d’effectuer toute future fusion ou acquisition dépassant 10 millions de dollars. Dans l’immédiat, les plaintes mettent déjà à mal l’entreprise dont les actions ont baissé de 3 %, selon le Financial Times. Selon certains experts, ces poursuites antitrust représentent le plus grand défi que Facebook ait jamais rencontré depuis sa création en 2004.

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Facebook n’a pas l’intention de rester les bras croisés

Face à ces nouvelles accusations, Facebook n’a pas tardé à répliquer, qualifiant les poursuites d’« histoire révisionniste ». L’entreprise a notamment voulu rappeler que l’acquisition d’Instagram et de WhatsApp avait été approuvée par le gouvernement à l’époque des transactions. « Le fait le plus important dans cette affaire, que la Commission ne mentionne pas dans sa plainte de 53 pages, est qu’elle a autorisé ces acquisitions il y a des années », a déclaré l’avocate en chef de Facebook, Jennifer Newstead, dans un communiqué. Elle a également expliqué que cette affaire veut uniquement se servir de Facebook comme avertissement afin de faire savoir qu’aucune autorisation donnée n’est définitive.

Ainsi, la société a répondu que les lois antitrust devaient exister pour protéger les consommateurs, et non pour punir les entreprises prospères. À noter que Facebook n’a pas été la seule cible du ministère de la Justice concernant les pratiques antitrust. Récemment, les régulateurs fédéraux ainsi qu’une coalition d’États avaient également lancé une poursuite contre Google. Si les actions des États-Unis en la matière sont assez récentes, Facebook, Google et les autres géants du Web font face à une pression sans cesse croissante de la part des législateurs européens depuis un certain temps. Outre la surveillance des pratiques antitrust, les GAFAM sont en effet scrutés sur de nombreux points par les gouvernements européens.

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