Quelques semaines après la destruction par le groupe minier Rio Tinto d’un site majeur habité par des aborigènes il y a plus de 46 000 ans, l’entreprise BHP s’est vue accorder le droit par le gouvernement local de raser plus d’une quarantaine d’autres sites historiques dans l’ouest de l’Australie.

40 sites aborigènes supplémentaires susceptibles d’être détruits

Ressource la plus exportée par l’Australie, le minerai de fer provient essentiellement de la région faiblement peuplée de Pilbara, située dans le nord-ouest du pays et dont la majorité des terres appartiennent aux populations aborigènes. Il y a quelques jours, celle-ci s’est une nouvelle fois retrouvée au cœur de l’actualité après qu’il a été révélé que le géant minier anglo-australien Rio Tinto avait causé des dommages irréversibles à plusieurs grottes préhistoriques aborigènes. Des destructions intervenues dans le cadre de travaux à l’explosif visant à agrandir une mine de fer ayant été autorisés par le gouvernement local.

Suite à ces révélations ayant suscité l’indignation d’une part importante de la population australienne, plusieurs représentants de la communauté aborigène s’étaient dits « profondément troublés et attristés », tandis qu’une manifestation dénonçant les destructions de ces sites historiques avait été organisée en début de semaine devant les bureaux de Rio Tinto à Perth.

Ce jeudi, le gouvernement de l’État d’Australie-occidentale a annoncé, par l’intermédiaire de Ben Wyatt, ministre des Affaires aborigènes, avoir approuvé la demande de la société minière BHP de détruire 40 autres sites aborigènes de la région, dans le cadre de l’expansion de la mine de fer de South Flank, située sur les terres du peuple Banjima.

—Evgeny_V / Shutterstock.com

Un patrimoine historique et culturel en grand danger

Si les représentants du peuple Banjima avaient conclu en 2015 un accord concernant l’exploitation de cette zone, incluant notamment la préservation de 72 sites de grande importance culturelle et des compensations financières, les lois actuellement en vigueur ne prévoient cependant pas que les aborigènes puissent interférer dans le processus d’approbation par les autorités australiennes. Lui-même aborigène, Wyatt a déclaré travailler actuellement à une réforme des lois concernant le patrimoine, afin que les aborigènes négocient directement avec les sociétés minières qui exploitent leurs terres.

« Je crois fermement au droit à l’autodétermination des aborigènes et soutiens les groupes indigènes qui utilisent leurs droits chèrement acquis afin de nouer des accords commerciaux avec les groupes exploitant leurs terres », a expliqué Wyatt. Ajoutant qu’il avait sommé la société BHP de s’entretenir avec les populations locales afin de minimiser l’impact de l’expansion minière sur l’un des principaux sites aborigènes de la zone.

Face au tollé provoqué par cette nouvelle décision du gouvernement de l’État d’Australie-occidentale, le groupe minier BHP a déclaré qu’il comptait suspendre l’expansion de ses mines afin qu’une expertise scientifique puisse être menée et les peuples aborigènes locaux consultés.

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Sylvie Richard

Pour tout ce qui appartient au patrimoine mondial, l avis (referendum) de toute la population devrait etre demande et pris en compte Et ne devrait pas etre dependant slmt celui d une societe faisant du profit