Plus de 30 000 morts des suites du Covid-19 en l’espace de deux mois, c’est le terrible bilan affiché par le Royaume-Uni, qui fait de lui le second pays le plus touché par l’épidémie à l’échelle mondiale après les États-Unis.

Le deuxième pays le plus touché au monde après les États-Unis

Ce mardi, les différentes agences régionales du Royaume-Uni ont dévoilé les statistiques officielles relatives à la pandémie de Covid-19, faisant état de 32 313 décès attribués au virus ces deux derniers mois (un chiffre supérieur à l’Italie). Entre le 5 mars et le 24 avril 2020, 28 272 décès ont été enregistrés en Angleterre, 1 376 au pays de Galles et 393 en Irlande du Nord, tandis que cette période s’étalait jusqu’au 26 avril en Écosse, qui comptabilisait alors 2 272 morts des suites du Covid-19.

Ces chiffres ayant été arrêtés il y a près de deux semaines, le bilan actuel est vraisemblablement bien plus lourd, comme semble l’indiquer le rapport dévoilé en début de semaine par le ministère de la Santé faisant état de 28 374 décès mais ne portant que sur les morts de patients ayant été testés positifs enregistrées dans les hôpitaux et les maisons de retraite.

Bien que le Royaume-Uni soit l’un des pays d’Europe à avoir été touché le plus tardivement par l’épidémie, son gouvernement a été vivement critiqué pour n’avoir pas correctement estimé la gravité de la situation et anticipé en conséquence. Ce qui s’est notamment traduit par un manque de tests et de dispositifs de protection, et un confinement tardif, décrété le 23 mars dernier seulement.

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La crainte d’une seconde vague de contaminations consécutive au redémarrage de l’économie

L’ampleur de la mortalité au Royaume-Uni est considérée comme « extraordinaire » par David King, ancien conseiller scientifique du gouvernement britannique, qui estime par ailleurs que les actions indispensables pour gérer une pandémie d’une telle ampleur n’ont tout simplement pas été entreprises.

Lui-même touché par le coronavirus, le Premier ministre Boris Johnson s’était notamment vanté d’avoir serré la main de plusieurs patients atteints du Covid-19 début mars, et s’était ensuite montré réticent à l’idée de rechercher et de tester les personnes ayant été en contact avec les cas avérés, stratégie s’étant pourtant avérée payante en Nouvelle-Zélande et en Corée du Sud afin d’endiguer la propagation du virus, alors que le nombre de cas augmentait rapidement au Royaume-Uni.

Mi-mars, alors que l’augmentation du nombre de cas semblait hors de contrôle, le gouvernement britannique semblait encore peu enclin à l’idée de décréter un confinement généralisé, se retranchant derrière la possibilité d’une immunité collective si suffisamment de Britanniques contractaient le coronavirus et en guérissaient.

Si le nombre d’hospitalisations et de décès liés au Covid-19 est aujourd’hui en baisse au Royaume-Uni, la crainte d’une seconde vague de contaminations consécutive aux mesures d’assouplissement prévues dans les semaines à venir pour relancer l’économie exsangue du pays plane plus que jamais.

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