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Coquillage-prison : une technique de chasse fascinante filmée chez les dauphins

Ils ne cessent de nous surprendre

— © Levengood et al. / Marine Mammal Science 2026

Au large de l’Australie, des scientifiques ont filmé une technique de chasse spectaculaire chez les grands dauphins, illustrant une nouvelle fois l’intelligence de ces créatures et leur nature hautement sociale.

Le « shelling »

Documenté dans les eaux du Queensland, au nord-est de l’Australie, ce comportement implique l’utilisation d’un coquillage de grande taille que les cétacés utilisent comme une nasse. Tenant l’objet dans leur gueule, ils pourchassent des bancs de poissons, et une fois leur proie piégée, remontent à la surface et la gobent.

Comme l’expliquent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Marine Mammal Science, les premières observations de ce « shelling » provenaient de Shark Bay, le long de la côte ouest australienne, ce qui suggère une transmission au sein du même groupe, ainsi qu’à d’autres géographiquement distincts.

« Nous avons vu un petit observer attentivement sa mère. Refaisant surface avec un coquillage et un poisson piégé à l’intérieur. Lorsque ce dernier s’est enfui de sa prison, elle a lâché cet outil et poursuivi son repas », écrit l’équipe. « Quelques minutes plus tard, le juvénile a saisi le même coquillage dans sa gueule, et l’a tenu exactement de la même manière que sa mère. »

D’après Alexis Levengood, de l’université de la Sunshine Coast, il s’agit probablement de la première preuve d’une transmission sociale maternelle d’un comportement de chasse impliquant des outils chez les dauphins. « Leur utilisation chez des espèces non humaines contribue à éclairer notre propre évolution et ses mécanismes », estime la chercheuse.

Des cas insolites de transmission culturelle observés chez d’autres espèces

Parmi les cas de transmission culturelle les plus intrigants chez les animaux, des travaux menés en Zambie l’année dernière avaient révélé une mode inédite chez des chimpanzés « fashionistas ». Ayant persisté bien après la mort de l’instigatrice, nommée Julie, elle impliquait l’insertion de brins d’herbe dans leurs oreilles… ainsi que leur arrière-train.

Il y a une quarantaine d’années, des groupes d’orques évoluant dans le nord-est du Pacifique avaient été observés en train d’arborer des saumons morts en guise de couvre-chef. Si de tels comportements ont été à nouveau rapportés il y a quelques années, on en ignore la véritable raison.

Depuis 2020, ces cétacés font également parler d’eux dans les eaux espagnoles. En l’espace de six ans, ils ont coulé pas moins de huit bateaux, généralement en détruisant leur gouvernail.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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