Selon cette nouvelle recherche, les personnes atteintes de cancer qui contractent le coronavirus présentent un risque de mortalité beaucoup plus élevé, ce qui souligne l’importance de prendre des précautions supplémentaires afin de limiter les risques d’infection pour ce type de patients.

Un risque de mortalité beaucoup plus élevé pour les patients cancéreux

Dans le cadre de cette nouvelle étude présentée dans la revue Cancer Discovery, les chercheurs de l’Albert Einstein College of Medicine ont étudié les conséquences d’une infection au Covid-19 chez les personnes atteintes d’un cancer. « Nos conclusions soulignent la nécessité de réduire les risques que ces patients contractent le Covid-19 et, dans le cas contraire, de les identifier et de les surveiller étroitement afin de détecter les symptômes dangereux », explique le Dr Vikas Mehta, co-auteur de l’étude.

« Nous espérons que ces résultats alerteront les États et communautés n’ayant pas été aussi gravement touchés par la pandémie sur la vulnérabilité unique des patients cancéreux », ajoute le scientifique.

Ces travaux portaient sur 218 patients atteints de cancer ayant été testés positifs au Covid-19 entre le 18 mars et le 8 avril 2020 au Montefiore Medical Center dans le Bronx, l’un des quartiers de la ville de New York les plus durement touchés par le coronavirus, avec un nombre dramatiquement élevé de décès incluant un total de 61 patients cancéreux (soit un taux de mortalité de 28 % quand celui-ci est estimé par l’OMS à 5,8 % pour l’ensemble de la population américaine).

« L’un des éléments clefs soulevés par l’étude est que la mortalité semble être plus étroitement liée à la fragilité, à l’âge et aux comorbidités qu’à un traitement actif du cancer », a déclaré le Dr Balazs Halmos, co-auteur principal.

« Nos données suggèrent que nous ne devrions pas arrêter les thérapies anticancéreuses, qui sauvent des vies, mais plutôt développer des stratégies pour minimiser les expositions potentielles au Covid-19 et réévaluer les thérapies pour nos populations cancéreuses les plus vulnérables », ajoute de son côté le Dr Amit Verma, co-auteur principal de l’étude.

— CI Photos / Shutterstock.com

Plusieurs circonstances aggravantes

Selon les auteurs de l’étude, ce taux de mortalité élevé au sein de la population étudiée peut s’expliquer en partie par le moment où les patients sont tombés malades. Ceux-ci ayant en effet contracté la maladie à un moment où les tests et l’hospitalisation étaient largement réservés aux patients présentant les symptômes les plus graves.

Toutefois, même lorsque ces taux de mortalité étaient comparés à ceux des patients non cancéreux hospitalisés au cours de la même période, les patients cancéreux présentaient un risque nettement plus élevé de mourir des suites d’une infection au Covid-19, avec notamment un taux de mortalité de 25 % pour les patients atteints de tumeurs solides.

Chez les patients atteints de cancer du poumon, le taux de mortalité était de 55 %, contre 38 % pour le cancer colorectal, 14 % pour le cancer du sein et 20 % pour le cancer de la prostate. Tandis que celui-ci atteignait 37 % pour les patients atteints de cancer du sang, tel que la leucémie ou le lymphome. Et il s’avère que le risque de décès des suites d’une infection au Covid-19 était nettement plus élevé chez les patients cancéreux plus âgés ou souffrant d’hypertension, ainsi que de maladies cardiaques ou pulmonaires.

L’étude a par ailleurs montré que plus de 50 % des patients cancéreux morts du Covid-19 avaient séjourné dans des endroits à haut risque d’exposition, tels que les maisons de retraite ou les hôpitaux, dans les 30 jours suivant le diagnostic, ce qui souligne, selon ses auteurs, la nécessité de privilégier, lorsque cela est possible, la télémédecine, et de pratiquer une distanciation sociale précoce et stricte pour cette catégorie de patients.

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