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Après de multiples soubresauts accompagnés de polémiques, l’Assemblée nationale a adopté la proposition de loi portant sur le congé en cas de deuil d’un enfant. Les parents vivant une telle situation se verront désormais accorder 15 jours de congés pour se remettre d’un tel drame.

De nombreuses polémiques

Ce mardi 26 mai, les députés ont adopté à l’unanimité la proposition de loi pour accompagner les familles après le décès d’un enfant. Au début de l’année, des polémiques ont enflammé l’opinion, après ce qui est aujourd’hui qualifié de « couac » de la majorité. Les députés de la majorité présidentielle s’étaient en effet opposés à l’allongement de la période de deuil de 12 jours, pour des motifs économiques.

Ce rejet avait fait l’objet d’un « rappel à l’ordre » du président Emmanuel Macron, qui avait demandé au gouvernement de « faire preuve d’humanité ». Même le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, avait demandé un nouveau vote. Le gouvernement avait alors reconnu une « erreur » et les députés LREM avaient alors proposé d’allonger la période de deuil à 15 jours au lieu de 12 initialement.

Un vote teinté d’émotions

C’est dans une atmosphère remplie d’émotions que le vote a eu lieu. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a déclaré que la mort d’un enfant « est une tragédie sans équivalent », et espère que la loi permettra d’accompagner les familles « le mieux possible », même si « ça ne sera jamais à la taille du drame vécu ». De son côté, le député UDI-Agir Guy Bricout, à l’origine de la proposition de loi, a affirmé : « J’ai senti aujourd’hui sur ces bancs une profonde humanité. Je pense que l’on a tous laissé parler notre cœur et ça c’est exceptionnel. J’espère qu’il y aura d’autres moments comme celui-ci que l’on partagera tous ensemble. »

La loi porte ainsi de 5 à 7 jours le congé actuellement prévu par le Code du travail, et un « congé de deuil » de 8 jours supplémentaires fractionnable, pour partie pris en charge par la Sécurité sociale. De plus, une allocation forfaitaire sera versée aux familles en cas de décès d’un enfant à charge, le montant en sera fixé par décret. L’enfant décédé continuera à être pris en compte dans le calcul de certaines prestations familiales, et ce, pendant un certain temps, et les parents bénéficieront d’une protection accrue contre le licenciement. Un nouveau parcours de soins psychologiques sera mis en place.

Lors du vote, des députés ont fait part de leur expérience personnelle. Ainsi, Michèle Perron, députée LREM, a raconté avoir perdu son premier enfant à 26 ans, et n’avoir bénéficié d' »aucun soutien ni suivi ». Certains ont salué la majorité pour avoir reconnu une « erreur », à l’instar de François Ruffin, député La France insoumise (LFI), qui a déclaré qu’il s’agissait peut-être d' »un mal pour un bien » au vu des avancées apportées par la majorité.

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