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Dans le cadre d’un programme d’utilisation d’urgence, le groupe pharmaceutique national chinois Sinopharm a annoncé avoir procédé à la vaccination de près d’un million de personnes avec un composé expérimental.

Des résultats à interpréter avec prudence

Débutée en juillet dernier, avant que l’efficacité des vaccins ait été prouvée, la campagne de vaccination lancée par les autorités chinoises concernait les catégories de la population jugées les plus à risque (fonctionnaires du gouvernement, étudiants, travailleurs se rendant à l’étranger). Bien que la société Sinopharm n’ait pas précisé quels vaccins avaient été administrés, son président Liu Jingzhen a déclaré « qu’aucun cas d’infection n’avait été rapporté après inoculation », et que « de légers symptômes n’avaient été enregistrés que chez une poignée de sujets ».

Les deux composés développés par Sinopharm font partie des cinq candidats vaccins chinois faisant actuellement l’objet d’essais cliniques internationaux en raison de la faible prévalence de la maladie dans le pays. Au moins trois d’entre eux (qui utilisent un virus inactivé incapable de se répliquer dans les cellules humaines pour déclencher des réponses immunitaires) ont été approuvés pour une utilisation d’urgence en dehors des essais cliniques, avec les Émirats arabes unis devenant le premier pays en dehors de la Chine à autoriser un tel usage en septembre dernier.

Cependant, la décision de pays comme la Chine et la Russie de procéder à des campagnes de vaccination avant la fin des essais cliniques a été critiquée par de nombreux scientifiques. Ceux-ci avertissant notamment que le fait de prendre des raccourcis par rapport aux approches internationalement acceptées en matière d’essais et de réglementation pourrait alimenter une plus grande méfiance du public à l’égard des vaccins contre le coronavirus, susceptible de se traduire par des taux de vaccination plus faibles.

À la différence des essais cliniques de phase 3, les programmes d’utilisation d’urgence n’incluent pas de groupe de contrôle permettant de comparer les effets du composé par rapport à un placebo — MAGNIFIER / Shutterstock.com

La course contre la montre continue

Actuellement, une dizaine de candidats vaccins font l’objet d’essais cliniques de phase III. Les sociétés pharmaceutiques américaines Pfizer et Moderna ont annoncé une efficacité d’environ 95 % pour leurs composés, tandis que plus récemment, le vaccin développé par l’université d’Oxford en partenariat avec AstraZeneca a montré une efficacité globale supérieure à 70 % avec une seule dose, atteignant 90 % chez les patients s’étant vu administrer une demi-dose du vaccin suivie d’une dose complète un mois plus tard.

En France, Sanofi a confirmé son vaccin contre le Covid-19 pour juin 2021. Comme le composé britannique, celui-ci présenterait l’avantage de pouvoir être conservé au réfrigérateur, ce qui faciliterait son acheminent.

Si la Chine a promis de fournir ses vaccins à de nombreux pays, des annonces contradictoires sont intervenues ces dernières mois, évoquant une priorité donnée aux Philippines ou à certains pays d’Afrique. En fin de semaine dernière, le président chinois Xi Jinping a promis une coordination plus étroite des politiques de développement et de distribution de ces composés à l’échelle internationale.

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Hannibal
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Hannibal

Les chinois n’attendent pas la fin des essais cliniques, alors qu’aux States ou en Europe on pratique la distorsion et l’accélération de ces essais (cf opération Warp Drive, très différent, attention on respecte les règles, par chez nous, dans les pays civilisés, les essais durent au moins 3 mois !)… Lire la suite »