En Chine, cette mesure signe l’arrêt de mort des tigres et des rhinocéros sauvages

Vingt cinq ans après avoir voté son interdiction, la Chine annonce une reprise limitée du commerce de produits issus du tigre et du rhinocéros. La recherche scientifique, les œuvres d’art et la médecine traditionnelle chinoise pourront à nouveau bénéficier de ces ingrédients. La Chine précise toutefois qu’obtenir ces produits rares ne se fera que dans des circonstances particulières. Cependant, selon Iris Ho de l’association Humane Society International, « le gouvernement chinois signe l’arrêt de mort des rhinocéros et des tigres sauvages ».

 

FIN DE L’INTERDICTION DES PRODUITS ISSUS DU TIGRE ET DU RHINOCÉROS

Lundi 29 octobre, la Chine a fait une annonce des plus déroutantes. Alors qu’en 1993, elle avait interdit le commerce de produits issus du tigre et du rhinocéros, dont les populations avaient drastiquement diminuées, elle vient de décider une reprise limitée de ces commerces. Ainsi, la recherche scientifique, la vente d’œuvres d’art et « la recherche et les traitements médicaux » pourront à nouveau s’appuyer sur des produits provenant de ces espèces en voie d’extinction. Cependant, le gouvernement chinois assure que pour en bénéficier, il faudra obtenir préalablement une autorisation spéciale.

Et seuls les médecins d’hôpitaux reconnus par l’Administration nationale de médecine traditionnelle pourront les utiliser. De plus, les volumes commerciaux seront « strictement contrôlés » tandis que le commerce de ces produits reste interdit en dehors des cas prévus, selon le texte. Enfin, « des échanges culturels temporaires » d’œuvres fabriquées à partir de ces animaux pourront être autorisées par les autorités chargées du patrimoine et du tourisme. Selon Iris Ho, responsable de l’association Humane Society International à Washington, cette nouvelle politique va créer une filière de « blanchiment » de produits de braconnage.

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DES ESPÈCES EN VOIE D’EXTINCTION

La population mondiale de tigres a augmenté pour la première fois depuis un siècle, passant de 3200 individus en 2010, à 3890 tigres en 2016. Cependant, ces chiffres restent extrêmement critiques, au point que le tigre est toujours classé dans la catégorie des espèces en danger d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Quant au rhinocéros, ses différentes espèces sont classées dans les catégories « vulnérable « , « quasi-menacée » et « en danger critique d’extinction ». En effet, en 2016, il n’y avait plus que 28000 rhinocéros, toutes espèces confondues, en Asie et en Afrique. Et malheureusement, les cornes artificielles élaborées pour sauver la vie des rhinocéros risquent d’avoir beaucoup moins d’utilité.

D’autant que, selon Margaret Kinnaird, responsable biodiversité au Fonds mondial pour la nature (WWF), « la reprise du commerce légal risque non seulement de servir de couverture au trafic clandestin, elle va aussi stimuler une demande qui avait décliné depuis l’entrée en vigueur de la prohibition ». Enfin, selon Kate Nustedt, directrice de programme de l’association Animals in the Wild, l’élevage d’animaux à des fins pharmaceutiques est un « scandale », puisque « des alternatives synthétiques existent qui constituent un avenir sans cruauté pour la médecine asiatique traditionnelle ». L’annonce de la Chine est donc une mauvaise nouvelle pour les écologistes, car nous avons déjà exterminé tellement d’espèces que la Terre mettra des millions d’années à s’en remettre.

Pixabay

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