Nous avons exterminé tellement d’espèces que la Terre mettra des millions d’années à s’en remettre

Selon une étude publiée par les chercheurs des universités d’Aarhus au Danemark et de Göteborg en Suède, les mammifères auront besoin de plusieurs millions d’années pour se remettre naturellement des pertes de biodiversité qu’ils vont encore subir d’ici les 50 prochaines années. Un résultat terrifiant, qui se base pourtant sur le meilleur scénario possible, à savoir un ralentissement de nos activités destructrices envers la planète et ses habitants.

 

ENTRE 3 ET 5 MILLIONS D’ANNÉES, DANS LE MEILLEUR DES CAS

Les chercheurs de l’université d’Aarhus au Danemark et de l’université de Göteborg en Suède ont publié une étude conjointe, le 15 octobre 2018, dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences of the USA sur l’impact de l’homme sur les mammifères et la biodiversité de notre planète. Et ils dévoilent un constat alarmant. Si nous cessons de décimer les espèces et de détruire leur habitat d’ici les 50 prochaines années, il faudra, au moins, entre 3 et 5 millions d’années aux mammifères pour qu’ils retrouvent la biodiversité de 2018… Et encore 5 à 7 millions d’années pour qu’ils retrouvent la diversité d’avant l’homme moderne.

Des chiffres terrifiants, pourtant basés sur le meilleur des cas : une prise de conscience générale, avec un changement de régime alimentaire. Pour arriver à un tel résultat, les chercheurs se sont basés sur un référentiel conséquent des espèces actuelles et disparues sur notre planète, depuis qu’Homo sapiens étend son territoire. Ainsi, ils ont pu calculer le temps qui serait nécessaire aux mammifères pour se remettre de la sixième extinction de masse. Mais, comme le rappellent les chercheurs, « la biodiversité, c’est davantage que le nombre d’espèces sur Terre. C’est également la somme des histoires évolutives uniques sur l’arbre de la vie ».

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IL FAUT SAUVER LA BIODIVERSITÉ MAINTENANT

L’extinction de certaines espèces est désastreuse pour l’arbre phylogénétique, qui montre les relations de parentés entre des groupes d’êtres vivants. Selon le paléontologue Matt Davis, co-auteur de l’étude, « les grands mammifères, aussi appelés mégafaune – comme par exemple les paresseux terrestres ou les tigres à dents de sabre qui se sont éteints il y a environ 10.000 ans – étaient très distincts d’un point de vue évolutif. Puisqu’ils avaient peu d’espèces proches, leur extinction a signifié que des branches entières de l’arbre ont été coupées ». A l’inverse, « il y a des centaines d’espèces de soricidés (musaraignes), donc elles peuvent faire face à quelques extinctions. »

Déjà, plus de 300 espèces de mammifères ont disparu, emportant avec elles plus de 2,5 milliards d’années d’histoire évolutionnaire unique. Certes, l’extinction des espèces est un processus naturel, mais il va 1000 fois trop vite aujourd’hui ! Alors, bien sûr, notre planète peut s’en remettre, lentement, grâce à l’apparition de nouvelles espèces et leur évolution. Cependant, comme le conclut le chercheur, « il serait plus simple de sauver la biodiversité maintenant que de la laisser ré-évoluer plus tard »… Actuellement, en France, sept animaux communs sont menacés d’extinction. Agissons.

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