C’est officiel : les véritables chevaux sauvages n’existent plus…

Il n’y a plus de chevaux sauvages sur Terre. Chaque lignée d’équidés a connu, à un moment de son histoire, la domestication de l’Homme. C’est ce qu’une récente étude internationale, publiée le 22 février 2018, vient de révéler. 

 

Le cheval de Przewalski, un équidé que l’on pensait sauvage

Les premières traces de domestication d’un équidé remontent à 5500 avant Jésus-Christ, dans les steppes du nord du Kazakhstan, là où était présente la culture de Botaï.

Le cheval de Pzrewalski, découvert en Mongolie en 1879 et depuis réintroduit en petits groupes en Chine, en Espagne et même en France, était jusqu’ici considéré comme une espèce sauvage, en opposition avec nos équidés domestiqués.

Ainsi, on croyait que les chevaux de Przewalski étaient les derniers chevaux à l’état sauvage de notre planète, et que nos chevaux modernes et domestiqués descendaient de ceux de Botaï. Deux pensées totalement erronées : la communauté scientifique vient tout juste de les remettre en cause dans une étude publiée dans la revue Science.

Le cheval de Przewalski.

 

Des recherches ADN sur de vieux os de chevaux de Botaï

C’est sur le site archéologique de Botaï, non loin de la capitale kazakh d’Astana, qu’ont été trouvé d’antiques os de chevaux. En séquençant les génomes de 20 chevaux de Botaï (ils ont pour cela utilisé des dents et des os exhumés), les scientifiques ont fait une impressionnante découverte : « À défaut d’être la source des chevaux domestiques actuels, les chevaux de Botaï se sont révélés être les ancêtres directs des chevaux de Przewalski ! », révèle un communiqué du CNRS.

Avant d’être supposément sauvages, les chevaux de Przewalski étaient domestiqués : certains spécimens se sont enfuis de leurs enclos et sont ainsi devenus les équidés que nous pensions connaître.

Nos chevaux domestiques d’aujourd’hui, quant à eux, ne semblent pas descendre du cheval de Botaï, comme on pouvait le penser : « Quant aux cheveux domestiques modernes, leur origine doit être recherchée ailleurs, car aucun des 22 chevaux eurasiatiques analysés par l’équipe (couvrant les 4100 dernières années) n’est apparenté à ceux de Botaï. »

Botaï se trouve au Kazakhstan.

 

Deux foyers de domestication du cheval dans l’Histoire

Ainsi, cela signifie que l’humanité a, par deux reprises, domestiqué le cheval : « Cela suggère que 3000 ans avant notre ère, un autre groupe de chevaux non reliés (à ceux de Botaï) est devenu la source de toutes les populations domestiquées qui se sont ensuite dispersées (dans le monde) », indique l’étude.

Pour trouver cette source, « les chercheurs se concentrent actuellement sur d’autres sites candidats, en Asie Centrale mais aussi dans les steppes du sud de la Russie, en Anatolie et dans différents refuges au coeur de l’Europe. », révèle le CNRS.

 

Une espèce toujours menacée

Mais ce n’est pas parce que le cheval de Przewalski n’est plus un animal sauvage qu’il ne doit pas être protégé. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, cet équidé est une espèce menacée. Puisque très populaires en Europe, de nombreux chevaux ont été capturés pour figurer dans nos zoos.

On estime à environ 2000 chevaux le nombre d’équidés restants à ce jour. De plus, l’espèce est très sévèrement touchée par la consanguinité. 92 % des Przevalski actuels souffrent d’une anomalie faciale selon la paléontologue Laure Danilo, ce qui réduit de moitié leur espérance de vie.


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