— Rich Carey / Shutterstock.com

Il s’est avéré à de nombreuses reprises que les céphalopodes étaient des animaux particulièrement intelligents. En plus d’être capables d’ouvrir des bocaux, de s’échapper d’une cage fermée, ou encore de résoudre des énigmes, une nouvelle étude a démontré que ces animaux étaient également capables de résoudre des tests destinés aux enfants humains.

Un test pour mesurer la capacité à prendre des décisions et résister à la tentation

Selon une étude publiée dans la revue Proceedings of the Royal Society B et réalisée par les chercheurs de l’université de Cambridge, les céphalopodes – c’est-à-dire les poulpes, les calmars, les nautiles et les seiches – sont capables de réussir le test du marshmallow. Généralement destiné aux enfants, le test du marshmallow est une épreuve qui permet d’évaluer la gratification différée, ou plus simplement la capacité de résister à la tentation de se voir récompensé dans l’immédiat afin d’être récompensé ultérieurement. À cet effet, les scientifiques donnent un marshmallow à un enfant. On lui explique ensuite que s’il arrive à résister à la tentation de le manger, il sera par la suite récompensé en recevant une autre friandise.

Durant l’expérience, les scientifiques mesurent combien de temps chaque enfant participant au test arrive à résister à la tentation. Selon les chercheurs, la capacité de ne pas céder à la tentation démontre des capacités cognitives telles que la planification. Plus précisément, les scientifiques peuvent ainsi mesurer à quel âge un être humain commence à retarder la gratification pour obtenir une meilleure récompense plus tard. En ce qui concerne les céphalopodes, il est impossible de leur demander de patienter. À la place, les chercheurs ont adapté le test en trouvant d’autres manières pour leur faire comprendre qu’ils auront droit à une meilleure nourriture s’ils arrivent à retarder la consommation de ce qui a été initialement donné.

— Richard Whitcombe / Shutterstock.com

Une capacité bien réelle dont on ignore la source

D’après les constatations des chercheurs, les céphalopodes ont brillamment réussi le test. « Les seiches de la présente étude ont toutes pu attendre la meilleure récompense et toléré des retards allant jusqu’à 50-130 secondes, ce qui est comparable à ce que nous voyons chez les vertébrés à gros cerveau tels que les chimpanzés, les corbeaux et les perroquets », a déclaré Alexandra Schnell, auteure principale de l’étude, dans un communiqué. L’expérience ne s’est pas arrêtée au test du marshmallow. Les chercheurs ont également voulu tester la capacité d’apprentissage des six seiches.

À cet effet, deux indices visuels différents – un carré gris et un carré blanc – ont été montrés aux céphalopodes. Lorsqu’ils s’approchaient de l’un, l’autre était retiré ; et s’ils faisaient le bon choix, ils étaient récompensés avec une collation. Une fois que les seiches ont appris à associer un carré à une récompense, les chercheurs ont changé les signaux, afin que ce soit l’autre carré qui soit source de récompense. Il a été constaté que les seiches qui ont appris à s’adapter à ce changement le plus rapidement étaient celles qui ont le mieux réussi le test du marshmallow. Selon les scientifiques, cela démontre un certain niveau de maîtrise de soi chez les céphalopodes.

Si cette découverte est très intéressante, elle soulève de nombreuses questions, notamment sur la raison pour laquelle les céphalopodes sont dotés d’une telle capacité. Chez les autres espèces capables d’une maîtrise similaire, cela est lié à des facteurs comme l’utilisation d’outil, la fabrication de cachette pour la nourriture, ou encore certaines compétences sociales comme le partage de la nourriture. Pour autant qu’on sache, les céphalopodes n’ont recours à aucun de ces facteurs. Des recherches plus approfondies seront ainsi menées pour avoir une meilleure compréhension de la capacité à planifier chez les céphalopodes. 

COMMENTEZ

avatar
  S’abonner  
Notifier de