— Vladimir Wrangel / Shutterstock.com

Entre les controverses concernant son authenticité, et les demandes récurrentes de restitution de l’oeuvre à son pays d’origine, le célèbre buste de Néfertiti n’a décidément pas fini de faire parler de lui. Conservée au Neues Museum de Berlin, la célèbre sculpture de calcaire n’a, depuis sa découverte en 1912, cessé de déchaîner les passions. Les scans 3D de l’oeuvre mythique, jusqu’à maintenant précieusement conservés par le musée berlinois, ont enfin été mis – légalement – à la disposition du grand public.

Le canular de la discorde

Il y a deux ans, les scans du buste de l’épouse royale d’Akhenaton avaient déjà fait parler d’eux sur le Net. À l’origine du scandale ? Un collectif d’artistes égyptiens qui proclamait « vouloir rendre l’art plus accessible », avait prétendument scanné, à l’aide d’une Kinect Sensor, le buste de Néfertiti, et les avait rendus publics, pour le plus grand plaisir du public et des amateurs d’art.

L’histoire, publiée par le New York Times, avait fait grand bruit et soulevé de nombreuses questions quant à la propriété et la pérennité de l’oeuvre. Découvert en 1912 par une équipe d’archéologues allemands qui avait entrepris de rapporter l’oeuvre en Allemagne, l’Egypte n’a, depuis, cessé de réclamer le rapatriement de l’artefact, suscitant diverses polémiques et accusant notamment l’Allemagne de pillage.

Cependant, le canular fut vite révélé à la presse : en réalité, ces scans illégaux étaient des fichiers réalisés par le Neues Museum lui- même, et subtilisés anonymement par des employés du musée ou des visiteurs particulièrement bien informés.

Une pratique courante, mais controversée

Une révélation embarrassante pour le Neues Museum de Berlin, qui conservait farouchement les scans originaux du précieux buste, et les exploitait jusqu’alors avec parcimonie. Comme nombre de musées nationaux conscients de la valeur de leurs trésors, le Neues Museum contrôlait minutieusement les images de l’oeuvre, et refusait catégoriquement sa diffusion publique.

Une pratique cependant courante dans le milieu, comme le souligne l’artiste et designer Cosmo Wenman : « Il existe de nombreux musées, universités et collections privées qui possèdent des fichiers 3D d’excellente qualité d’oeuvres majeures, mais qui refusent de partager ces documents avec le public. »

On trouverait parmi ces trésors cachés au public les scans de la Vénus de Milo, mais également des oeuvres de Donatello, Bernini, Michel-Ange, mais également de l’incontournable Penseur de Rodin. Il aura donc fallu deux ans de combat pour que les scans de Néfertiti, en couleurs et en 3 dimensions, soient rendus publics par le musée, inquiet que la diffusion du modèle ait un impact trop négatif sur les ventes des produits dérivés Néfertiti.

Des documents que vous pouvez retrouver juste ici. Comme le souligne Wenman, « le meilleur moyen de célébrer l’art, c’est au sein d’une culture populaire vivante et un brin anarchique. Le catalogue mondial de l’art doit être libre de trouver sa place et de s’épanouir dans notre paysage visuel et sensoriel. »

CosmoWenman / Creative Commons
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