capsules de soie
— Toukung design / Shutterstock.com

Constituant une préoccupation environnementale majeure, les microplastiques sont ajoutés à de nombreux produits courants, incluant les cosmétiques et les peintures. De nouvelles recherches suggèrent que ceux-ci pourraient être avantageusement remplacés par des microbilles de soie biodégradables.

Remplacer avantageusement les microbilles de plastique

Les microplastiques sont absolument partout, des océans aux régions les plus isolées et hostiles du globe. Également absorbées par les organismes vivants, ces minuscules particules liées à un nombre croissant de problèmes de santé ont récemment été détectées dans le sang humain, ainsi que dans celui des animaux d’élevage. Si la plupart d’entre elles sont issues de la décomposition du plastique dans l’environnement, il se trouve que nous en ajoutons depuis des décennies dans un vaste éventail de produits.

Présents dans les lessives, les cosmétiques, les dentifrices, les shampoings, les peintures et d’autres produits chimiques, les microplastiques donnent aux peintures un bel éclat, rendent les gommages pour le visage abrasifs et peuvent aider à contrôler la libération de produits chimiques comme les herbicides. Selon les estimations, ces microparticules primaires représentent entre 10 et 15 % des microplastiques présents dans l’environnement, et c’est précisément sur eux que la nouvelle étude, publiée dans la revue Small, s’est penchée.

L’alternative imaginée par des chercheurs du MIT vise à remplacer les microbilles de plastique par des microbilles de soie, matériau courant présentant les mêmes fonctions d’encapsulation de substances chimiques et se biodégradant rapidement et en toute sécurité. Alors que l’obtention d’une soie de qualité textile implique de dérouler méticuleusement les cocons, ceux-ci sont simplement dissous dans l’eau via un processus simple, évolutif et réalisable à l’aide des infrastructures existantes pour fabriquer ces microbilles.

capsules de soie
Images au microscope électronique à balayage de microcapsules de soie de différentes tailles contenant de la vitamine C, obtenues à l’aide de différents procédés de fabrication — © SEM images by Muchun Liu, edited by MIT News

Mieux encore, ce procédé permet d’utiliser de la soie de qualité inférieure, actuellement largement gaspillée. Les revêtements de soie obtenus peuvent être traités de manière à leur conférer des propriétés différentes en fonction de l’utilisation prévue.

Des résultats prometteurs

Au cours d’expériences réalisées en laboratoire, l’équipe a utilisé un procédé de pulvérisation courant pour créer des capsules de soie à libération contrôlée contenant un herbicide et se dissolvant dans l’eau. Testés sur du maïs dans une serre, ces dispositifs ont non seulement présenté une efficacité similaire aux produits existants, mais également réduit considérablement les dommages causés aux cultures (0,8 % seulement contre 25 % pour l’herbicide non encapsulé).

Ces capsules de soie pourraient remplacer avantageusement les microplastiques primaires dans la plupart des produits auxquels ils sont actuellement ajoutés, cosmétiques inclus, voire être utilisés pour l’enrobage des médicaments, étant donné que la soie se décompose également en toute sécurité dans l’organisme.

Selon l’équipe, les performances identiques, voire supérieures, de cette alternative biodégradable aux polymères synthétiques et les processus de production relativement simples pour l’obtenir ouvrent la voie à son utilisation commerciale.

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