
L’analyse d’échantillons de sols arctiques et boréaux brûlés révèle une combustion plus profonde que prévu, suggérant que les incendies qui sévissent sous ces latitudes contribuent davantage au réchauffement climatique qu’on ne le supposait jusqu’à présent.
Cercle vicieux
Sous les climats arctiques, la végétation pousse plus lentement, et ses vestiges peuvent s’accumuler dans le sol sous forme de tourbe à l’échelle de millénaires, en faisant d’importants puits de carbone. De nouvelles analyses indiquent que la situation est en train de changer, en raison de l’intensification des incendies dans la région.
Réalisés dans les zones les plus touchées, des carottages révèlent une combustion rapide des végétaux de surface, à l’origine d’une combustion lente et prolongée des matières organiques anciennes stockées dans le sol, ce qui se traduit par la libération de grandes quantités de suie, ou carbone noir, et de CO2 dans l’atmosphère.
Comme l’expliquent les auteurs de la nouvelle étude, présentée à l’occasion de la dernière réunion de l’Union européenne des géosciences, en plus d’absorber le rayonnement solaire, ce qui amplifie le réchauffement de l’atmosphère, le carbone noir peut se déposer sur la glace ou la neige, assombrissant leur surface et augmentant significativement leur taux de fonte.
A study of soils around the Arctic and boreal forests has found that some wildfires are releasing carbon stored over millennia, meaning higher CO2 emissions than assumed https://t.co/qzKsV3avbn
— New Scientist (@newscientist) May 21, 2026
Des sections de sols vieilles de plusieurs millénaires partent en fumée
Sans surprise, l’équipe a constaté que l’âge du carbone libéré variait selon les environnements. Globalement, des latitudes plus élevées impliquent des sols moins profonds et une accumulation de matière organique plus proche de la surface.
Ainsi, dans les Territoires du Nord-Ouest (Canada), les feux libèrent du carbone stocké depuis 400 ans. Au Groenland, la couche de sol brûlée atteint entre 10 et 15 centimètres de profondeur, impliquant la libération de carbone vieux de 560 à 1 000 ans. Dans certaines forêts boréales du Québec, la combustion atteint des sections de sols vieilles de 5 000 ans.
Selon Sandy Harrison, de l’université de Reading, avec l’intensification du changement climatique, ce phénomène inquiétant devrait s’amplifier. La prochaine étape consistera à estimer précisément la quantité de carbone ancien libérée par les feux de forêt en Arctique.
Il y a quelques mois, une étude avait révélé que les forêts boréales migraient rapidement vers le nord.
Par Yann Contegat, le
Étiquettes: incendie, changement climatique, co2, arctique
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