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Ces dernières années, un nombre croissant de recherches ont mis en évidence la capacité des particules plastiques à infiltrer le corps humain. Reposant sur des analyses de tissus pulmonaires vivants, les dernières en date montrent qu’ils peuvent également se nicher au plus profond de nos voies respiratoires.

Des fragments présents dans 11 des 13 échantillons étudiés

Constituant un problème environnemental majeur, la pollution plastique représente également un danger potentiel pour la santé humaine, en raison de la tendance de ce type de matériau à se décomposer en minuscules fragments pouvant mesurer jusqu’à 0,0001 mm de diamètre. Quelques semaines seulement après la découverte de microplastiques dans la circulation sanguine humaine, des chercheurs de l’université de Hull ont identifié de telles particules dans les tissus pulmonaires de personnes vivantes, prélevés lors d’interventions chirurgicales.

Leur analyse a révélé leur présence dans 11 des 13 échantillons étudiés, et permis la mise en évidence de 12 types différents de plastiques, généralement utilisés dans les emballages, les bouteilles et les vêtements. S’il s’est également avéré que les hommes présentaient une quantité nettement plus importante de particules de plastique dans leurs poumons que les femmes, le plus étonnant restait sans doute l’endroit où la plupart de ces fragments ont été découverts : plus de 50 % d’entre eux se trouvaient dans la partie inférieure des poumons.

« Nous ne nous attendions pas à trouver la majorité de particules dans les régions inférieures des poumons, ni des particules de la taille de celles que nous avons trouvées [jusqu’à 0,003 millimètre] », souligne Laura Sadofsky, auteure principale de l’étude, parue dans la revue Science of the Total Environment. « Les voies respiratoires étant plus étroites dans les parties inférieures des poumons, nous pensions que les particules de ces tailles seraient filtrées ou piégées avant de pouvoir les atteindre. »

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Un cadre solide pour les expériences en laboratoire visant à déterminer l’impact des microplastiques sur la santé

Les scientifiques considèrent que les particules de plastique en suspension dans l’air d’une taille comprise entre 1 nanomètre et 20 micromètres sont respirables, et cette étude apporte une preuve supplémentaire que l’inhalation leur permet de pénétrer profondément dans notre organisme.

« Des microplastiques avaient déjà été trouvés dans des échantillons d’autopsie de cadavres humains, mais il s’agit de la première étude rigoureuse à montrer des microplastiques dans les poumons de personnes vivantes », rappelle Sadofsky. « La caractérisation des types et des niveaux de microplastiques que nous avons identifiés offre un cadre solide pour les expériences d’exposition en laboratoire visant à déterminer l’impact de ces particules sur la santé. »

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