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L’heure est décidément au changement pour la Barbade. Après avoir décidé de prendre son indépendance de la Couronne britannique et de devenir une république, voilà que cet État caribéen envisage d’élargir le mariage aux couples de même sexe, par référendum. Toutefois, certains militants mettent en garde contre les mentalités de la société barbadienne, encore trop empreintes de religion.

C’est ce qu’on peut appeler faire d’une pierre deux coups. Le 17 septembre, la Barbade, petit État caribéen, annonçait qu’elle ferait ses adieux à la monarchie britannique. En effet, cet État fait encore partie du Commonwealth, et est donc assujetti à la Reine Elizabeth II, mais il devrait bientôt devenir une république. Ce n’est toutefois pas la seule annonce qui a été faite : en effet, la gouverneure du pays, Dame Sandra Mason, a annoncé l’intention du gouvernement de se pencher sur la question d’un référendum qui ouvrirait le droit pour les personnes de même sexe de contracter une union civile.

Durant son discours du trône, la gouverneure a précisé que « son gouvernement n’est pas en train d’accepter une quelconque forme de mariage entre les personnes de même sexe, mais posera cette question lors d’un référendum ». Elle poursuit : « Mon gouvernement acceptera le vote du peuple. » Cette annonce est loin de satisfaire tout le monde : ainsi l’opposition estime que cette annonce a uniquement pour but de pacifier les relations internationales du pays. C’est ce que dénonce le sénateur Caswell Franklyn : « Peu importe ce que les Américains veulent. Peu importe ce que les Européens veulent. Nous sommes à la Barbade et ici on a des valeurs. On ne va pas nous imposer cette législation parce qu’untel veut câliner et faire des bisous à son petit ami en centre-ville. »

La Première ministre, Mia Mottley, de son côté, défend les droits des homosexuels. Toutefois, y compris chez les militants LGBTI+, cette annonce laisse perplexe : en effet, comme l’explique Alexa Hoffmann, activiste et membre de la communauté LGBTI de la Barbade : « On veut autoriser les unions civiles mais tout ce qui concerne la vie intime des membres de la communauté LGBTI est interdite et criminelle ? Il faut aller plus loin. » L’homosexualité est toujours illégale dans ce pays, y compris dans un espace privé, comme héritage de la colonisation britannique. La société reste très ancrée dans ses traditions. Ainsi, selon de nombreux activistes, en proposant le mariage entre personnes de même sexe par référendum avant même de légaliser l’homosexualité, on risque d’essuyer un refus de la part de la population. C’est ce que craint Michael Rapley, un militant LGBTI+ : il se dit très optimiste sur la reconnaissance d’une union civile entre personnes de même sexe, mais met en garde contre un référendum sur le mariage. « Je ne pense pas qu’un référendum sur le mariage gay soit une sage décision en ce moment », avance-t-il. Reste à savoir ce qu’il en sera réellement.

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