
Une étude au long cours a révélé un type d’interaction inédit entre les poissons rémoras et les raies manta : « l’auto-stop cloacal », qui semble être une expérience assez déconcertante pour ces dernières.
Taxi-raie
En l’espace de quinze ans, un tel comportement a été documenté à sept reprises, et impliquait différentes espèces de raies manta. Concrètement, les rémoras, qui sont connus pour entretenir des relations mutualistes avec de nombreux grands animaux marins, s’approchent discrètement de leur « victime », puis se glissent, en un clin d’œil, dans leur fondement.
Auteure principale de la nouvelle étude, publiée dans la revue Ecology and Evolution, Emily Yeager décrit l’interaction observée en juillet 2023 dans les eaux de Floride.
« Lors de la phase d’approche, un poisson rémora de taille moyenne était visible près des nageoires pelviennes d’une raie manta adulte », détaille-t-elle. « Dès que l’auto-stoppeur s’est retrouvé sous son ventre, il a inséré sa tête dans son ouverture cloacale. Son hôte a semblé frissonner, avant de poursuivre sa route, le rémora toujours fermement logé dans cet orifice. »
Selon l’équipe, cette forme de phorésie présenterait plusieurs avantages notables pour les rémoras. En plus de leur fournir une protection contre les prédateurs, elle leur permettrait également d’économiser leurs forces, et il est également possible que ces poissons se nourrissent des résidus d’excréments à l’intérieur du cloaque. Du côté des raies, de telles intrusions prolongées pourraient potentiellement entraver l’accouplement, la mise bas ou la défécation.
Des relations plus complexes que prévu
Globalement, de telles découvertes contribuent à éclairer le comportement des rémoras, déjà connus pour se glisser dans la bouche ou les branchies de différentes espèces de requins.
« Bien que les mécanismes exacts à l’origine de ce comportement restent à ce stade flous, il est évident que les relations entre les Echeneidae et leurs hôtes sont plus complexes sur le plan physiologique et écologique qu’on ne le supposait », conclut Yeager.
Il y a quelques années, des expériences avaient suggéré que les tardigrades pouvaient également utiliser les escargots pour voyager plus loin.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
Étiquettes: poisson, raie-manta
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