— Ugo Burlini / Shutterstock.com

Des archéologues espagnols fouillant l’ancien site talayotique de Son Catlar, à Minorque, ont annoncé la mise au jour d’une cache d’armes romaines remontant à environ un siècle avant notre ère.

Le plus grand établissement talayotique des Baléares

Son Catlar est le plus grand établissement talayotique des îles Baléares. Encadré par un imposant mur d’enceinte, ce site s’étendant sur près de 6 hectares abrite des guérites et des tours carrées appelées talayots, ayant donné leur nom à cette civilisation de l’âge du bronze. Il y a quelques jours, des chercheurs des universités d’Alicante, de Murcie, de Grenade et de Cadix, ainsi que du musée de Ciutadella ont annoncé la découverte de nombreux objets romains, incluant des projectiles, des pointes de flèches, des dagues, du matériel chirurgical ainsi qu’une spatule en bronze.

Les fouilles se sont concentrées sur l’une des entrées de l’installation, que les Romains auraient vraisemblablement associée à Janus, dieu des commencements et des fins, des choix, du passage et des portes. « Les soldats romains étaient très superstitieux et considéraient les portes de leurs cités comme sacrées », précise un communiqué de l’Institut de recherche archéologique de l’université d’Alicante.

L’enceinte de pierre avait été érigée entre le cinquième et le quatrième siècle avant notre ère à l’aide de différentes techniques de construction, dont la maçonnerie cyclopéenne, qui permettait de bâtir des murs sans mortier, en utilisant d’énormes blocs de pierre. Celle-ci aurait ensuite été refortifiée à la suite des guerres puniques, ayant opposé Rome à Carthage de 264 à 146 avant J-.C., ou de la conquête des îles Balérares par les Romains, vers 123 avant notre ère.

Une histoire mouvementée

L’équipe sonde le site de Son Catlar depuis 2016. Précédemment, ses membres s’étaient concentrés sur de sections spécifiques de la fortification, incluant notamment sa porte nord, afin de déterminer les différentes phases de sa construction.

« Ces îles ont été successivement gouvernées par les Carthaginois, les Romains, les Vandales, les Maures et les Espagnols, qui ont tous laissé leur empreinte », détaille Fernando Prados, qui supervise les fouilles. « Son Catlar est un site archéologique d’une valeur inestimable pour les chercheurs car il offre de nombreuses opportunités d’en apprendre davantage sur les conflits passés. »

Il y a quelques mois, des chercheurs avaient mis au jour les vestiges de 66 camps militaires romains dans le nord de l’Espagne, les éclairant sur le conflit de 200 ans ayant opposé l’Empire aux communautés indigènes.

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