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Résistant à la plupart des traitements, le cancer du pancréas constitue l’une des formes les plus mortelles de la maladie. Des scientifiques ont aujourd’hui identifié le principal mécanisme de protection des tumeurs et, surtout, un moyen de briser leurs défenses.

Une forme de cancer redoutable

Avec moins de 5 % des patients encore en vie cinq ans après le diagnostic, le cancer du pancréas s’avère redoutable. La formation d’un cocon de tissu cicatriciel appelé fibroblastes associés au cancer (FAC), qui empêche la chimiothérapie et d’autres traitements d’atteindre la tumeur, constitue l’un des principaux facteurs rendant cette forme si résistante.

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Cancer Cell, des chercheurs de l’université du Texas ont découvert que certains FAC présentaient des antigènes à leur surface, « désarmant » les cellules immunitaires ciblant la tumeur. Ces antigènes transforment les lymphocytes T en lymphocytes T régulateurs (Treg), qui empêchent toute autre réponse immunitaire dans la région.

Afin d’identifier un moyen de contourner ces défenses, les chercheurs ont effectué un traçage de la lignée des FAC présentatrices d’antigènes (apFAC), qui leur a permis de suivre le développement de ces cellules problématiques au fil du temps, lorsqu’un pancréas sain devient cancéreux. Ils ont découvert que les apFAC apparaissaient dans les cellules mésothéliales, formant un revêtement protecteur dans les organes et autres tissus.

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Cibler la mésothéline pour atteindre la tumeur

Forte de cette nouvelle compréhension, l’équipe a expérimenté un moyen potentiel de franchir cette barrière. Lors de tests sur des souris atteintes de cancer du pancréas, elle a administré aux rongeurs des anticorps ciblant la mésothéline (composant protéique des cellules mésothéliales), ce qui a empêché les apFAC d’interférer avec les cellules immunitaires.

Selon les chercheurs, cette importante découverte ouvre la voie à de nouveaux traitements potentiels du cancer du pancréas chez l’Homme, combinant anticorps anti-mésothéline et immunothérapie. Une fois que les anticorps auront affaibli les défenses, les composés actuels pourront pénétrer la tumeur, aidant ainsi le système immunitaire à la combattre beaucoup plus efficacement.

Bien que davantage de tests sur les animaux soient nécessaires avant de pouvoir envisager des essais cliniques, il s’agit assurément d’une approche prometteuse.

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