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10 milliards d’années : James-Webb retrace un signal mystérieux provenant de l’Univers primitif

Une galaxie lointaine, très lointaine

sursaut radio
Image d’illustration — Marko Aliaksandr / Shutterstock.com

Des astronomes ont détecté un signal aussi bref qu’intense en provenance d’une galaxie lointaine, très lointaine. Il s’agit du sursaut radio rapide le plus ancien jamais capté.

Un FRB record

Découverts en 2007, les sursauts radio rapides (FRB) sont des signaux radio en provenance du cosmos qui se révèlent extrêmement brefs : ils ne durent généralement pas plus de quelques millisecondes. Alors que certains d’entre eux ne se produisent qu’une seule fois, d’autres sont connus pour se répéter, soit de manière aléatoire, soit selon un schéma prévisible.

À ce jour, leurs origines exactes restent un mystère. Si l’on suppose qu’ils seraient émis par certains des objets les plus extrêmes du cosmos, ils pourraient également provenir d’hypothétiques technologies extraterrestres.

Dans le cadre du projet MeerTRAP, qui s’appuie sur le radiotélescope sud-africain MeerKAT, des astronomes ont détecté un exemple record, puis utilisé le télescope spatial James-Webb pour localiser précisément son berceau.

Il s’est avéré que le FRB 20240304B provenait d’une galaxie de l’Univers primitif « étonnamment petite, pauvre en métaux et traversant une phase remarquablement soutenue de formation stellaire ». Comme le précisent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Science, nous la voyons telle qu’elle était seulement 3 milliards d’années après le Big Bang. Le signal a donc voyagé pendant environ 10,7 milliards d’années, contre cinq milliards pour le plus ancien précédemment détecté.

Éclairage cosmique

Associées à la faible masse de la galaxie, ces caractéristiques renforcent l’idée que le FRB 20240304B ait été émis par un jeune magnétar, une étoile à neutrons dotée d’un champ magnétique extrêmement puissant. Résultant généralement de l’effondrement d’étoiles massives, ces vestiges sont connus pour libérer d’immenses quantités d’énergie et produire des émissions radio intenses.

Souvent comparés à des lampes de poche cosmiques, ces signaux permettent d’étudier la matière « ionisée », délestée de ses électrons par l’intense rayonnement des étoiles, située entre leur point d’origine et notre portion du cosmos.

Les décortiquer nous aide ainsi à mieux comprendre la distribution des poches de gaz et des champs magnétiques intergalactiques, révélateurs de la chronologie de formation des plus grandes structures de l’Univers.

Par Yann Contegat, le

Source: The Independent

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