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Après huit mois dans l’ISS, Sophie Adenot raconte ce que son retour sur Terre révèle sur le corps humain

Après près de huit mois dans l’ISS, Sophie Adenot a retrouvé la gravité terrestre dans des conditions éprouvantes. Son récit éclaire ce que le corps subit après un long séjour en apesanteur. Il révèle aussi des résultats médicaux qui pourraient nourrir la recherche.

Sophie Adenot après son retour sur Terre, visiblement éprouvée après près de huit mois passés dans l’ISS.
Après près de huit mois dans l’ISS, Sophie Adenot retrouve la gravité terrestre et entame sa récupération. Son retour met en lumière les effets profonds de la microgravité sur le corps humain. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Les premières heures sur Terre mettent à l’épreuve l’équilibre et la circulation après des mois en apesanteur

Sophie Adenot a décrit ses premières 24 heures comme les plus difficiles depuis son retour. Son organisme devait retrouver la gravité après près de huit mois passés en microgravité. Cependant, elle affirme récupérer rapidement et poursuit encore plusieurs tests, notamment sur l’équilibre.

Le retour en capsule impose plusieurs minutes sous une forte accélération, avec des repères visuels fortement perturbés. Pendant cette phase, les hublots deviennent presque inutilisables sous la lueur intense de la rentrée atmosphérique. Pour garder son calme, l’astronaute s’est concentrée sur sa respiration grâce à sa pratique du yoga.

Le déploiement des parachutes a ensuite rendu la descente moins prévisible et plus inconfortable. Après l’amerrissage, les vagues ont encore sollicité un système vestibulaire déjà fragilisé par le séjour orbital. Une fois prise en charge, son état s’est progressivement amélioré, notamment pendant le transfert en hélicoptère.

Trois sorties dans le vide ont obligé Sophie Adenot à adapter ses plans face à des situations rarement rencontrées

Malgré ce retour éprouvant, Sophie Adenot retient surtout ses trois sorties extravéhiculaires autour de la Station. La deuxième l’a obligée à emprunter un passage inutilisé depuis 2009. Ses plans initiaux ont alors laissé place à une solution improvisée, préparée en temps réel.

Ce détour l’a menée au bord de la structure, avec la Terre occupant presque tout son champ de vision. Elle a pourtant gardé son attention sur la tâche technique à accomplir. Cette expérience résume sa mission, entre préparation rigoureuse, adaptation rapide et exposition directe au vide spatial.

Son retour refroidit l’idée d’un départ rapide vers Mars, faute de solutions contre les effets des longs trajets

Son retour pose déjà la question d’un nouveau vol, alors que l’avenir de l’ISS se rapproche d’une transition majeure. Sophie Adenot explique avoir fait ses adieux à la Station sans exclure totalement d’y revenir. Elle préfère donc laisser cette possibilité ouverte, même si une nouvelle mission paraît peu probable.

Pour Mars, son constat reste beaucoup plus prudent après les difficultés physiques vécues au retour. Un trajet durerait plusieurs mois et exposerait l’équipage à des contraintes comparables, sans les mêmes conditions de vie. Selon elle, des progrès comme la gravité artificielle restent nécessaires avant d’envisager ce type de voyage.

Son expérience rappelle aussi un point souvent sous-estimé dans les projets de voyage interplanétaire. Les astronautes doivent pouvoir travailler immédiatement après l’arrivée, malgré la fatigue et la désorientation. Or, un organisme affaibli pourrait compliquer les opérations essentielles dès les premières heures sur une autre planète.

Les premiers résultats médicaux nuancent les pertes osseuses et musculaires attendues après un long vol spatial

À bord, Sophie Adenot a participé à de nombreuses expériences sur les effets d’un long séjour sans gravité. Les chercheurs surveillent notamment la densité osseuse et la masse musculaire, deux paramètres souvent affectés en orbite. Les premières données recueillies pendant sa mission apportent toutefois une nuance inattendue.

Selon l’astronaute, certains résultats préliminaires ne montrent pas systématiquement les pertes attendues. Certaines zones du corps auraient même gagné en force, mais les analyses doivent encore confirmer ces observations. Si elles résistent à l’examen, ces données pourraient aussi intéresser la recherche sur le vieillissement et les maladies dégénératives.

Par Eric Rafidiarimanana, le

Source: futura-sciences.com

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