
Plusieurs créatures horrifiques bien connues sont associées à l’Europe de l’Est. Parmi les craintes répandues il y a encore quelques siècles, la possibilité que le défunt se transforme en vampire, illustrée par des pratiques funéraires paraissant aujourd’hui bien étranges.
Des inhumations atypiques
Dans une bonne partie du Vieux Continent, on a longtemps pensé que le corps et l’âme étaient des entités distinctes, et qu’après la mort, la seconde pouvait errer librement pendant une quarantaine de jours. Si la plupart d’entre elles étaient supposées inoffensives, une minorité de dépouilles faisaient l’objet de « soins particuliers », de peur que les morts ne reviennent hanter les vivants sous une forme vampirique.
Traditionnellement, il s’agissait d’individus non-locaux, de suicidés ou bien de « pariahs » souffrant de graves affections (cancer notamment), ce qui rend les découvertes réalisées au cœur de l’ancien cimetière du village de Drawsko, dans le nord-ouest de la Pologne, d’autant plus intrigantes.
Sur les 285 inhumations étudiées, remontant aux XVIIe et XVIIIe siècles, six étaient considérées par les archéologues comme « atypiques ». Dans ces cas, les rites funéraires impliquaient le placement d’objets visant essentiellement à s’assurer qu’ils ne puissent se relever.
Les corps de cinq individus avaient été « immobilisés » à l’aide de faucilles tranchantes, placées contre le cou ou sur l’abdomen, complétées pour deux dépouilles par des pierres massives sous le menton, qui les auraient empêchés de mordre et de se nourrir du sang des vivants. Plus radical, l’ultime précaution prise se résumait à un clou planté directement dans la colonne vertébrale de l’un des individus.

Une possible épidémie de choléra
Comme le précisait l’étude, publiée en 2014 dans la revue PLOS One, les défunts, de différents âges et sexes, étaient originaires de la région, sur la base des analyses isotopiques de leurs dents. Leurs ossements ne présentaient pas non plus de signes de lésions traumatiques, ou liées aux principales maladies qui faisaient alors des ravages dans la région.
Parmi les hypothèses les plus probables, une épidémie de choléra, ne laissant généralement pas de stigmates sur le squelette. « La première personne à mourir était généralement considérée comme la plus susceptible de revenir tourmenter les vivants », expliquaient les chercheurs.
Si de nombreuses questions subsistent, de telles inhumations offrent un aperçu fascinant des coutumes du passé, et de la façon dont la perception d’un individu de son vivant influençait le traitement lui étant réservé à sa mort.
Ces dernières années, plusieurs sépultures « d’enfants vampires », dont les membres avaient dans certains cas été cadenassés, ont été mises au jour en Pologne, et le visage d’une femme supposée être également frappée par ce mal reconstitué.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
Étiquettes: mort, vampire, sépulture
Catégories: Actualités, Histoire