Gaudí demande son permis en 1885, mais aucune réponse écrite ne subsiste. Pourtant, la basilique continue de monter pendant plus d’un siècle. Barcelone a fini par régler ce dossier en 2019, avec une facture record et un pacte de 36 millions d’euros.

Une demande déposée en 1885 auprès de Sant Martí de Provençals, restée sans réponse écrite pendant 134 ans
Antoni Gaudí dépose sa demande de permis en 1885 auprès de l’Ajuntament de Sant Martí de Provençals. La première pierre date pourtant de 1882. Le chantier devance donc sa propre paperasse de trois ans. Barcelone l’a depuis absorbée.
Ensuite, le silence s’installe. Les services municipaux indiquent, d’après l’agence AP, qu’aucun document ne prouve une acceptation ou un refus. Le permis d’origine perd même sa validité lorsque Barcelone absorbe la commune, selon le New York Times.
Gaudí dirige les travaux jusqu’à sa mort, en 1926. La demande a alors 41 ans. Puis la guerre civile des années 1930 et les manques d’argent ralentissent le chantier, voire l’arrêtent. Le temple dépasse pourtant les 140 ans de construction.
Le 7 juin 2019, Barcelone régularise le chantier et perçoit 4 627 074,03 euros d’impôt et de taxe de licence
Deux ans de négociations précèdent cette régularisation. Les parties signent l’accord en octobre 2018. Puis les autorités approuvent, fin février 2019, le plan spécial et la modification du plan général métropolitain. Le 7 juin 2019, la mairie accorde enfin la licence d’obras.
La somme se compose de deux postes. L’ICIO, l’impôt sur les constructions, atteint 4 385 341,94 euros. Il représente près de 95 % du total. Ensuite, la taxe de licence s’élève à 241 732,09 euros. Rien, dans ce chiffre, ne relève pourtant d’une sanction.
Seule particularité, l’échelle, puisque la presse catalane y voit la licence la plus chère de Barcelone. Mais le second volet pèse davantage. La Sagrada Família versera 36 millions d’euros en 10 ans, soit près de 8 fois le montant de la licence.
Les 36 millions financent transports, métro et espaces publics, car la fondation assume les dépenses qu’elle génère
Selon la presse catalane, 22 millions vont au transport public et 7 à l’accessibilité du métro. Ensuite, 4 millions servent à requalifier les abords du temple. Enfin, 3 millions couvrent l’entretien et le nettoyage de l’espace public.
Selon la mairie, cet argent couvre les dépenses municipales que génère le temple. La responsable municipale Janet Sanz défend ce choix auprès de NPR. Ainsi, selon elle, la fondation devient coresponsable des coûts qu’elle crée pour la ville. Quant au dossier de 1885, elle y voit une « anomalie historique ».
Le permis cadre 41 026,69 m² construits et deux sous-sols, mais la fin du chantier reste incertaine après 2026
La licence fixe 41 026,69 m² construits, soit près de 6 terrains de football, et deux niveaux de sous-sol. Elle définit aussi les usages du site. Le lieu de culte visitable arrive en premier, devant la sacristie, les bureaux et les ateliers d’entretien, d’après la mairie.
Le permis visait une fin de chantier en 2026. La tour de Jésus-Christ, haute de 172,5 mètres, a reçu sa croix le 20 février. Pourtant, l’intérieur de la tour, la façade de la Gloire et la chapelle de l’Assomption restent en travaux. La date de fin reste une estimation.