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Dépression : une découverte bouleverse notre compréhension de ses effets sur le cerveau

On estime qu’elle touche environ une personne sur cinq au cours de sa vie

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— SvedOliver / Shutterstock.com

Alors que l’on associait depuis plus d’une décennie la dépression à un rétrécissement significatif de l’hippocampe, principal centre cérébral de la mémoire, une étude portant sur plusieurs dizaines de milliers de scanners remet en question cette assertion.

Pas de diminution du volume de l’hippocampe chez les personnes dépressives

En 2015, une étude sans précédent, impliquant près de 9 000 personnes, avait conclu que l’hippocampe rétrécissait progressivement à mesure que le nombre d’épisodes dépressifs augmentait, suggérant que la dépression elle-même soit à l’origine de cette perte de volume, plutôt que la relation inverse.

Dans le cadre de récents travaux publiés dans la revue Nature Mental Health, Janine Bijsterbosch, de l’université du Missouri à Saint-Louis, et ses collègues ont comparé les IRM de 23 417 sujets américains et britanniques en utilisant des algorithmes avancés, qui n’existaient pas il y a un peu plus de dix ans.

Si aucune diminution de la taille de l’hippocampe n’a pu être mise en évidence chez les sujets souffrant de dépression, elle a été liée à une baisse des volumes de matière grise ou de la surface corticale du cortex frontal, du cingulaire antérieur et de l’insula. Trois zones de notre cerveau contribuant à réguler nos émotions. « Le cortex frontal joue un également rôle dans le jugement des situations et la maîtrise de soi, le cingulaire dans la prise de décision et la motivation, tandis que l’insula contribue à la perception de la douleur », détaille Bijsterbosch.

Selon John Fleming, du Southern Colorado TMS Center, de tels changements contribueraient à expliquer certains symptômes de la dépression, tels que le brouillard cérébral ou les migraines. De son côté, Bijsterbosch estime qu’ils illustrent le degré élevé de neuroplasticité des zones cérébrales concernées, les rendant plus vulnérables en cas d’épisodes dépressifs.

— Pictrider / Shutterstock.com

Limites et implications

Parmi les limites de la nouvelle étude, l’équipe cite une évaluation de la dépression à un seul moment, quand celle de 2015 couvrait plusieurs épisodes, ainsi que des symptômes considérés comme légers à modérés plutôt que sévères.

« La confirmation du lien entre cette perte de volume cérébral et la dépression pourrait ouvrir la voie à l’utilisation de la stimulation magnétique transcrânienne, associée à une légère augmentation de la taille de certaines zones du cerveau, pour la traiter », avance Bijsterbosch.

La poursuite des recherches aurait également des implications potentielles pour la démence. « Il semble que des régions cérébrales plus volumineuses puissent contribuer à limiter le risque de déclin cognitif », conclut Fleming.

Précédemment, des scanners cérébraux avaient permis d’identifier 6 types de dépression.

Par Yann Contegat, le

Source: New Scientist

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