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Le cerveau naît-il « vide » ou « rempli » ? Une nouvelle étude révèle des surprises

« Si vous deviez construire votre propre route à partir de zéro, atteindre votre destination prendrait nettement plus de temps »

cerveau
— Zeynep Toprak Bulut / Shutterstock.com

De récentes expériences menées sur des souris suggèrent qu’à la naissance, le cerveau n’est pas une « page blanche », attendant patiemment que des souvenirs s’y inscrivent.

Élagage cérébral

Menés par des neuroscientifiques de l’Institut des sciences et technologies d’Autriche, ces travaux se sont concentrés sur l’évolution, de la naissance à l’âge adulte, d’un circuit clé de l’hippocampe de ces rongeurs, lié à la mémoire spatiale ainsi qu’à la consolidation des souvenirs à court et long terme.

Chez les spécimens les plus jeunes, il s’est avéré que ce réseau de neurones pyramidaux CA3 était remarquablement dense, avec des connexions apparemment aléatoires. De façon assez contre-intuitive, à mesure que les rongeurs vieillissaient, il devenait plus épuré, poussant les chercheurs à considérer cette réorganisation synaptique comme une forme « d’élagage cérébral ».

Selon Peter Jonas, auteur principal de l’étude, publiée dans la revue Nature Communications, ce « canevas » originel faciliterait largement l’établissement de nouvelles connexions neuronales.

« Imaginez que vous deviez vous rendre d’un point A à un point B », illustre-t-il. « En disposant déjà d’un réseau routier complexe, il vous suffirait simplement de choisir le meilleur itinéraire. Si vous deviez construire votre propre route à partir de zéro, atteindre votre destination prendrait nettement plus de temps. »

— Billion Photos / Shutterstock.com

Optimisation neuronale

Corroborant cette idée, la mesure de l’activité électrique et cellulaire à trois stades de développement distincts chez la souris (une semaine après la naissance, entre le 18e et 25e jour et autour du 50e, correspondant à l’âge adulte) a révélé un réseau de plus en plus structuré et une optimisation notable des processus neuronaux au niveau de l’hippocampe.

Cette région cérébrale ayant la lourde tâche de traiter et de combiner des informations provenant des systèmes visuel, auditif et olfactif, un tel réarrangement permettrait notamment de réduire significativement son coût énergétique.

De futures recherches pourraient permettre de préciser si ces schémas s’appliquent également au cerveau humain.

Précédemment, une étude avait révélé que notre cerveau stockait pas moins de de trois copies d’un même souvenir.

Par Yann Contegat, le

Source: Science Alert

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