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La « Griffe de la mort », cette relique hautement radioactive de Tchernobyl

Selon la croyance populaire, un bref contact avec ses mâchoires suffirait à tuer un humain

— © Gytizzz / Flickr

Il y a quarante ans, la pire catastrophe nucléaire de l’histoire se produisait en Ukraine, contaminant durablement les environs de la centrale de Tchernobyl. Parmi les reliques célèbres de cet événement, la « Griffe de la mort », à la réputation sensiblement exagérée.

Déblayer les décombres radioactifs du réacteur 4

Cette pince géante de plusieurs tonnes servait à l’origine à déplacer des débris miniers. Mais lorsque le réacteur numéro 4 de la centrale a explosé le 26 avril 1986, elle a été réaffectée à des matériaux bien plus dangereux.

Lors d’un test de sécurité mené dans des conditions instables, des défauts de conception et plusieurs erreurs de procédure ont entraîné une hausse brutale de la puissance, provoquant la surchauffe du combustible et la production de vapeur ayant finalement arraché le toit de la structure.

Au cours des semaines et mois suivants, des grues munies de tels accessoires ont été déployées pour évacuer les amas de matières radioactives disséminés à l’intérieur du réacteur.

Ayant contribué à cet effort, la « Griffe de la mort », qui repose aujourd’hui dans une zone forestière proche de la centrale de Tchernobyl, est régulièrement présentée comme l’un des objets les plus contaminés de la région. S’il ne fait aucun doute qu’elle présente des niveaux de radioactivité bien supérieurs à ceux des sols environnants, contrairement à la croyance populaire, un bref contact avec ses mâchoires ne suffirait pas à tuer un humain.

500 microsieverts par heure

Aujourd’hui arrêt obligé pour de nombreux adeptes de l’exploration urbaine clandestine, la Griffe a été repeinte à plusieurs reprises ces dernières années, notamment en rose vif. Plusieurs clichés montrent également certains d’entre eux posant fièrement dessus.

Bien qu’une telle entreprise soit vivement déconseillée, une vidéo publiée en 2012 (visible plus haut) a montré que les sections les plus irradiées de la pince ne dépassaient pas 500 microsieverts par heure. Ce qui est certes bien supérieur aux niveaux considérés comme sûrs par la plupart des autorités sanitaires, mais insuffisant pour provoquer une irradiation aiguë et immédiate.

Les reliques les plus dangereuses de la catastrophe se trouvent logiquement sur le site même de l’explosion. La plus connue restant sans doute le « pied d’éléphant », amas de métal fondu, de sable et d’uranium, caché sous le réacteur 4.

Pour aller plus loin, découvrez l’histoire méconnue des « plongeurs de Tchernobyl », qui ont empêché une explosion encore plus dévastatrice.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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